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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 20:00

Qui t'a montré le chemin vers ma terre, pourtant si éloignée des yeux du monde ?

Sodade, Sodade...

Qui t'a montré le chemin vers ma terre oubliée, balayée par les vents, vers mon archipel perdu au milieu  de l'océan ? 

Sodade, Sodade, Sodade....

J'ai entendu le cri du coeur de la grande Césaria... Touché jusqu'au tréfonds de l'âme, j'ai cédé au chant mélancolique de la diva aux pieds nus... j'en ai suivi l'écho jusqu'à atteindre la terre... ta terre, si enivrante, si envoûtante...

J'ai alors mis le cap sur la mystéieuse île de Santo Antao. Ile volcanique, escarpée aux dénivelés vertigineux, aux reliefs impréssionnants, aux côtes déchiquetées, aux grandes vallées acérées qui plongent vers l'océan... De vilages, en villages, j'ai suivi des sentiers de pierres, engagés, qui serpentent entre des vallées cultivées en terrrasses, des pitons rocheux et le bord de mer.  Assailli par l'odeur du rhum, partout présente sur l'île, j'ai suivi les effluves enivrantes du sirop jusqu'à m'en caresser les sens. j'ai souvent fait halte dans les petites distilleries qui bordent les chemins. Enrômé, grogué, j'ai continué de marcher à l'assaut des aiguilles basaltiques dressées vers le firmament, j'ai foulé les sentiers suspendus entre ciel et mer. J'ai été  séduit par la diversité de ton île de caractère, qui offre des contrastes si saisissants, où la nature explose dans tous les sens. J'ai adoré ton hospitalité et celle de tes compatriotes. Vous m'avez accueilli chaleureusement, comme un frère, vous m'avez hébergé sur les toits-terrasses de vos habitations et nous avons partagés la cachupa, épicé de malaguette, le cuscus, arrosé de punch mel ou tamarin, bercés aux sons de musiques aux airs mémorables... ... Je suis venu, j'ai vécu en immersion, en osmose .. si bien que je comprends mieux aujourd'hui le sens profond et que je ressens toute l'émotion qui se cache derrière ce mot si énigmatique... SODADE.

Paris - Mindelo (Sao Vicente)

Paris Charles de Gaulle, mon casque sur les oreilles, au son de Sodade de Césaria EVORA, je rejoins le Terminal 1 et les comptoirs d'enregistrement de la compagnie TACV. Embarquement immédiat pour l'ile de de Sao Vicente (Mindelo).  La compagnie TACV a arrêté ses vols directs vers l'ile de Santo Antao. Il faut dire que la piste de l'aéroport de Ponta do sol (Santo Antao)  ressemble à un porte avion posé sur la mer et les conditions d'atterrissage sont bien trop extrêmes.

Je rejoins mon siège situé à une issue de secours. Une charmante hôtesse vient me faire part, non sans humour, des responsabilités qui incombent aux possesseurs de ces places de choix. Elle exhibe un large sourire communicatif. J'aime les gens soleil. Je la complimente sur son humour et sa bonne humeur. 

Petits clins d'oeil, regards incéssants, larges sourires, petits mots sympathiques susurrés à l'oreille... je vis une véritable orgie d'attention de la part de cette jolie hôtesse. J'en ai des bouffées de chaleur, l'envie de l'effeuiller pour effleurer la vie.... preuve qu'on peut avoir des pensées les plus basses, à près de 40000 pieds du sol ;-) Du coup, je ne vois pas passer les 6h50 de vol... J'ai presque des regrets lorsque le commandant de bord annonce l'atterrissage imminent sur l'aéroport international Cesaria Evora, situé à Mindelo.

Mindelo - Porto Novo 

De Mindelo, Je scrute à l'horizon l'île voisine de Santo Antao. Coiffée d'une chape de nuages, elle semble bien mystérieuse, inaccessible, imprenable... C'est en Ferry, que je rejoins avec mes compagnons de trek et coula, un guide local, la barrière montagneuse qui se dresse fièrement devant nous. La traversée est un peu difficile. Malmené par le vent et les vagues, le bateau tangue... de nombreux passagers sont malades. La courte traversée prends des allures de mauvais film d'horreur... Gare aux éclaboussures !

Porto Novo, le navire passe la jetée, le soulagement se lit sur les visages... Dehors, c'est l'effervescence : camions bennes, vans et pick up remplis de bananes, d'ignames, de canne à sucre, de vivres diverses, de bidon de rhum, attendent le débarquement pour pendre à leur tour leur place dans le ferry. une escouade d'aluguers attendent les insulaires et les visiteurs pour les conduire vers la ville principale de Ribeira Grande.

Nous montons dans un pick up qui nous mène via la route de la corde vers les contreforts désertiques autour de 1200m d'altitude au dessus du cratère du Cova. C'est ici que démarre notre trek sur l'ile de Santo Antao.

Cratère de Cova - Vallée de Paul  (Paoul)

Nous descendons dans la caldeira de Paul au milieu de pins, d'eucalyptus et de mimosas qui embaument l'air.  Le fond du cratère endormi est tapissé de damiers de cultures maraichères. Un peu plus loin, un vertigineux chemin de pierres nous jette dans l'exubérente vallée de Paul que nous allons fouler durant trois jours.

Chemins engagés, sportifs, pitons et parois basaltiques ceinturés de nuages, végétations luxuriantes et plantations fertiles, denses : bananiers, caféiers, canne à sucre, maniocs, ignames... La nature s'impose partout autour de nous. Ici ou là, quelques maisons de basalte chaulées aux toits de chaume ponctuent le paysage de verdure. Nous découvrons les cultures tropicales et la vie paysanne de l'île au coeur de cette magnifique vallée. 

Nous dormons à la belle étoile sur les toits-terrasses des habitants si accueillants. De grands moments d'échanges et de partages au son de mélopées. Sur les chemins, les capverdiens se prêtent gracieusement au jeu des photos.

Mais le chemin est semé d'embûches. De trapiche en trapiche, nous suivons les effluves enivrantes de sirop qui nous caressent tous les sens... le feu gronde, nous sommes sur la terre du grogue... Les capverdiens sont fier de leur rhum et ils nous invitent à le goûter, alors on gôute et on goûte encore... Bref, dans la vallée de Paul, il est bien difficile de ne pas s'enrômer... Alors on chante, on danse, on vit... Ereinté, ensommeillé, grogué, pas rasé, un peu loqueteux, l'oeil bouffé au chalazion... J'ai ce petit quelque chose du prophète qui a traversé le monde pour y crier sa bonne nouvelle : Soyez toujours ivre de vie ! et ça, ça me plait...

 

Lien vers l'album photos : Vallée de Paul

Lien vers l'album photos : Portraits locaux capverdiens

Ponta do Sol - Fontainhas - Cruzinha - Cha de Igreja 

Nous quittons la vallée de Paul et les nuages pour rejoindre la pointe du soleil : Ponta do Sol. Du petit port de pêche, nous empruntons un magnifique sentier côtier qui longe le littoral escarpé et accidenté où de grandes falaises abruptes tombent dans l'océan. De montées, en descentes, nous atteignons d'abord le village coloré de Fontainhas, un hameau accroché à la montagne. Splendide !

Le sentier taillé dans les parois de basalte est epoustoufflant. Les points de vue offrent des panoramas grandioses. Nous faisons halte sur une jolie plage de sable noir et nous nous autorisons une petite baignade dans l'océan déchaîné, un peu avant d'atteindre le village de Cruzinha, un petit village de pêcheurs. Nous terminons cette longue journée de marche chez nos hôtes qui habitent le village reculé de Cha de igreja, blotti au dessus d'une gorge.

Lien vers l'album photos : Ponta Do Sol Fontainhas Cruzinha

Vallée de Ribeira Grande , Joao Alfons,  Espongeiros

La troisième partie de ce trek nous conduit sur des sentiers à fort dénivelé. Nous traversons différentes vallées intérieures au relief partiulièrement tourmenté: La vallée de Ribeira Grande, la vallée de Joao Alfonso et nous montons sur le toit de l'ile. Gorges profondes, crêtes dantesques, plantations tropicales irriguées grâce à des levadas, villages authentiques, rencontres inoubliables avec les habitants... trois journées hors du temps, volées à la course du temps...

 

Lien vers l'album photos : Vallées intérieures 

Lien vers l'album photos : Portraits locaux capverdiens

 

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