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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 22:00

    

S'endormir dans une petite baraque de pêcheur sur pilotis au bord des eaux émeraudes d'un fjord, dans un écrin de rêves... S'éveiller au coeur d'une vallée carte postale dans un bain de lumières, serti d'éclats de soleil, de rayons de chaleur... Sillonner les reliefs escarpés dans un tourbillon de neige, enveloppé de brume, se confronter aux éléments de la haute montage à 500m d'altitude...

Alliance entre la mer et les sommets de montagnes enneigés, ciels de nuages noirs tourmentés puis partagés, lumineux, gercés d'espoir... Ballet incessant d'ombres et de lumière : Aurores boréales envoûtantes, dancing stars, et embrasements célestes en tout genre : Théâtre de nature, décors propices aux mythes et aux légendes...

A 300 kms au Nord du cercle polaire arctique, l'archipel des Lofoten joue en fin d'hiver une fabuleuse symphonie de contrastes et de couleurs... La nature offre ici, un "Spectacular Lights Show" qui laisse un goût de merveilleux. J'ai goûté la beauté de ce petit bout de monde, je l'ai dégusté, je me suis régalé. J'en ai fait provisions pour mes jours de disette......

Mon oeil errant, d'abord timide, séduit, un peu aveuglé par tant de beauté, s'est au fil de mes pas, un peu habitué... Mon regard s'est aiguisé afin de capter les plus belles ambiances. J'ai alors tenté de capturer la lumière dans mon boîtier reflex, je l'ai enfermé et restitué en pixels pour façonner des instants d'éternité. Ces tableaux de nature m'ont littéralement envoûté. Je suis tombé en addiction.

Liens vers les albums Photos

Ecrins de Lumière : Lofoten Album Ecrins de Lumières

Aube & Crépuscule : Lofoten à l'Aube et au crépuscule

Mirroirs & Reflexion : Quelques miroirs de nature Lofoten

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Northern Light : Aurores boréales Lofoten

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Villages des Lofoten : Village de Reine et de Nusfjord

Rejoindre les Lofoten

Ecrins de Lumière : Lofoten Album Ecrins de Lumières

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Dépasser le cercle polaire Arctique et rejoindre l'Archipel des Lofoten est relativement aisé et rapide. De l'aéroport Charles de Gaulles où j'ai retrouvé mes 7 compères photographes, il faut compter 2h15 pour gagner Oslo, la capitale norvégienne via la compagnie aérienne SAS. A Oslo, il faut alors récupérer son bagage pour passer la douane (même s'il n'y a personne) et le redéposer à l'étage sur un Bag Drop. Passer la sécurité et la fouille, limite anale (je dois avoir une sale gueule..) et enfin rejoindre la partie Inland (vols domestiques)  de l'aéroport pour trouver la porte d'embarquement vers Harstad/Narvik.

Nous rejoignons Sylvain DUSSANS, qui est en Norvège depuis déjà 3 semaines.  1h35 de vol plus tard, nous atteignons Harstad/Narvik-Evenes Airport , point d'entrée, par la route, des îles lofoten.

Après avoir loué un mini bus 9 places  à l'aéroport et avoir chargé notre matériel (sac à dos, raquettes, bâtons, balises ARVA, sondes, pelles...), nous prenons la direction d'un camping au nom imprononçable : Tjelsundbrua... C'est là, au bord de l'eau que nous allons passer notre première nuit.

Quelques tagliatelles au saumon d'élevage norvégien... Puis, au lit...

De Evenes à Fredvang

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Mirroirs & Reflexion : Quelques miroirs de nature Lofoten

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Notre objectif est de rejoindre le sud des Lofoten. C'est là que le relief y est le plus escarpé, promesse de fabuleux points de vue. Il faut compter au moins 4 heures, par la route pour faire les  265 kms qui nous sépare de Fredvang, notre prochain pied à terre.

La radio joue un petit air de Katie Melua. Je suis fan de cette charmante artiste à la voix aérienne. Je possède une bonne partie de sa discographie. Je trouve que sa voix mélodieuse accompagne à l'unisson les lieux que nous traversons... Nous quittons le continent Norvégien par le pont Tjelsund Bru (longueur 1007m) pour rejoindre l'île d'Hinnøya puis gagnons l'archipel des Lofoten. Celui-ci compte 7 îles. Les 5 principales sont reliées par de magnifiques ponts ou par des tunnels. Nous les traversons du Nord au Sud : AUSTVÅGØYA, GIMSØYA, VESTVÅGØYA, FLAKSTADØYA, MOSKENESØYA. La terminaison ØYA signifie île en norvégien. Je m'amuse à lire le norvégien, mais les mots ont beaucoup trop de consonnes et quelques caractères inconnus, ils me paraissent imprononçables. Le ø se prononce en général e, bien qu'il se prononce o dans øya, le å se prononce o... Les panneaux indicateurs mentionnent la direction de Å... C'est le nom du dernier village de MOSKENESØYA. La première lettre de l'alphabet pour indiquer un bout du monde qui se prononce O... Bref, pas simple :-)

Au fur et à mesure de notre route, la bande côtière se fait plus étroite, les côtes sont de plus en plus déchiquetées... Nous effectuons quelques arrêts pour profiter de beaux points de vue.

Dans l'eau d'un fjord, un cygne chanteur, reconnaissable par son bec jaune et noir, pépie quelques notes mélodieuses... Il me vante, dans un récital, la beauté de ses terres boréales, me met en garde contre le temps, si changeant... "Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais vêtements"... Ce sont ces brusques changements qui créent ces lumières si magnifiques, me crie t'il en s'envolant.

De gros nuages assombrissent bientôt le ciel, un mélange de pluie et de neige se répand maintenant sur les Lofoten.

Les petites maisons colorées, rouges pour la plupart, sur pilotis (rorbu, rorbuer au pluriel) font, petit à petit, leur apparition. Le rouge est un pigment dérivé du cuivre. La Norvège possède de nombreuses mines de cuivre... ceci explique cela. Ces anciennes baraques de pêcheurs ont été rénovées et transformées pour loger les touristes. Elles apportent un charme fou aux petits villages pittoresques qui peuplent la côte.

Nous faisons un arrêt à Leknes pour faire nos provisions alimentaires. La semaine sainte, du dimanche des Rameaux au Lundi de Pâques, est considérée comme une semaine de loisirs et de vacances pour tous les norvégiens. Ils profitent des fêtes pascales pour s'adonner aux plaisirs de la montagne.  Tous les commerces sont donc fermés pendant cette période. Nous effectuons en conséquence nos achats pour toute la semaine.

Hors de prix... Tout est extrêmement cher ! Les norvégiens ne connaissent pas la crise. Les salaires sont très élevés, ils jouissent d'un très bon pouvoir d'achat. Les prix sont proportionnels à leurs ressources, et pour nous français moyens, c'est l'agression assurée du portefeuille. Le restaurant, mieux vaut ne pas y compter. L'équivalent de 30€ pour de la junk food, au moins 80€ pour un repas normal.

Nous poursuivons la route jusqu'au petit port de pêche de Fredvang que nous atteignons dans l'après midi. La neige tombe maintenant à gros flocons. Nous gagnons notre Sjøhus qui jouxte le port. Nous resterons 4 nuits chez nos hôtes Lydersen Rorbuer & Sjøhus. Les Sjøhus sont plus grands que les Rorbuer. Bâtiments construits sur 2 ou 4 étages, il permettaient à l'origine de loger les équipages et les ouvriers préparant le poisson. Celui-ci, réhabilité, comporte plusieurs chambres de 3 couchages, deux cuisines communes, plusieurs salles de bain... bref, un très bon confort.

Je m'éloigne un peu en direction du port pour une petite balade en pleine tempête de neige... Dans un tourbillon de brume, Havhest m'apparaît comme pour me prévenir d'un danger.. Je glisse et manque de me retrouver à l'eau. Je m'extirpe de la grisaille et du temps chagrin en regagnant les murs joyeux, bigarrés de mon habitation locale.

Skål ! Le voyage invite à la vie... Nous trinquons au bonheur d'être ici. Nous partageons quelques  canettes de la très légère Arctic Beer dont l'anneau d'ouverture représente un ours polaire. Un peu de Kaviar tartiné sur des toasts pour accompagner le breuvage. Ne vous enflammez pas... La Kaviar dont il est question est un produit local exotique,  une sorte de pâte à tartiner de poisson, vendue en tube :-)

Un petit fricassé de Rennes du père Noël pour le dîner... La viande est goutue, moins forte que la plupart des gibiers et pauvre en graisse. Une belle découverte.

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Mirroirs & Reflexion : Quelques miroirs de nature Lofoten

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Chasse aux Aurores Boréales

Northern Light : Aurores boréales Lofoten

Aube & Crépuscule : Lofoten à l'Aube et au crépuscule

22h : Il est temps de parler des aurores boréales. L'une des raisons qui nous a tous menés jusqu'ici. Notre fine équipe est composée de photographes professionnels et amateurs passionnés. Tous, nous espèrons pouvoir capturer ce phénomène lumineux empreint de mystères.

Sylvain nous fait d'abord un petit topo sur le côté scientifique du phénomène : particules chargées du vent solaire, interaction avec les gaz de la haute atmosphère. Les couleurs dépendent du gaz. Jaune-vert pour l'oxygène, le rouge-rosé pour l'azote... L'inversion du champs magnétique solaire a également toute son importance...Bref, beaucoup de paramètres entrent en jeu pour pouvoir observer des aurores boréales, sans parler de la météo et des nuages, de la lumière ambiante qui peuvent vite jouer les trouble-fête. Chasser les aurores nécessite en premier lieu, pour les noctambules, de maîtriser l'art de la patience. 

Et nous voilà tous rassembler autour d'internet, un oeil sur le site web D'aurora Forcast guettant les indicateurs, jonglant avec le kp, le bz, la vitesse du vent solaire, un autre sur la météo locale espérant l'accalmie, priant pour que le vent souffle la couverture nuageuse...

Le kp est à 4 ce soir, suffisant pour apercevoir des aurores aux Lofoten mais le temps est très couvert. Les images satellites nous promettent une amélioration autour de minuit.

En attendant, nous échangeons autour des principaux réglages de nos boitiers reflex qui nous permettront de capturer au mieux les Northern Lights.

Le trépied est bien entendu obligatoire (comme avec toute pose longue). Un trépied solide qui résiste au vent et qui permet de garder une bonne stabilité. Il faut bien entendu laisser tomber les réglages automatiques et travailler en mode manuel. Régler les ISO à 800, 1600 si le besoin s'en fait sentir (notamment si la nuit est d'encre en l'absence de lune), grande ouverture f/2,8 si votre objectif le permet, F/3,5 ou F/4 autrement. Commencez avec une vitesse de 5 à 6 secondes puis ajustez jusqu'à 10, 15 secondes.. Evitez des vitesses plus lentes qui auront tendance à rendre floues les aurores qui ondulent. Attention au piège de l'autofocus. Commencez par faire le point sur un élément lumineux très éloigné (la lune si elle est présente dans le ciel par exemple), débrayez alors l'autofocus et ne touchez plus à la mise au point. Elle est réglée sur l'infini.

Nous sommes fin prêt... mais le temps est trop capricieux...

0h30, la lune sort des nuages, quelques trouées laissent apparaître des étoiles qui dansent dans le ciel. Nous prenons confiance.

1h15 du matin, quelques traces timides, très pâles, certaines blanches à l'oeil nu, ondulent dans le ciel, puis quelques unes un peu plus marquées, de couleur verte cette fois illuminent l'Eden durant quelques minutes seulement. C'est sobre, timide, rapide mais déjà exceptionnel. Quelques bouts de joie, quelques miettes qui suffisent à me mettre en appétit. J'ai réussi à capturer mes premières aurores boréales. Je suis contaminé, attiré... J'ai grande faim de ce phénomène grandiose... On prend la route à la recherche d'un autre spot, guettant une autre aurore... En vain, nous traînons jusqu'à 2h30 du matin espérant voir se raviver l'étincelle mystique vert émeraude qui embraserait le ciel.

 

Je regagne mon lit, ivre de fatigue. Je m'endors dans les bras d'Eos. Son corps nu se devine sous son voile léger... je rêve de ma déesse, j'ose le plaisir extrême, revient à bride abattue pas loin d'en perdre l'esprit.

Northern Light : Aurores boréales Lofoten

Aube & Crépuscule : Lofoten à l'Aube et au crépuscule

Village de Reine et Ascension du Nesfjellet

Aube & Crépuscule : Lofoten à l'Aube et au crépuscule

6h30, j'ai à peine dormi 4h... Mais qu'importe ! C'est l'heure où l'horizon est effleuré par les matins naissant... Impossible de résister à de si belles lumières, de si belles couleurs. Je brave le froid agressif, mordant pour immortaliser ces instants magiques où le ciel de feu incendie la nuit hurlant son cri en un jet enflammé : the cry of the sun !

Mon objectif nikon 14-24 f/2,8 n'a manifestement pas supporté le fort changement de température. Une grosse tâche de buée dûe à la condensation s'est formée à l'intérieur de l'objectif. Une gros flou au milieu des photos... Je peste !! De retour dans ma piaule, je passe mon caillou au sèche-cheveux pour atténuer la buée...

Villages des Lofoten : Village de Reine

Après le petit déjeuner, nous allons visiter le village de Reine. Le ciel est bleu, le temps est dégagé, idéal pour découvrir ce petit joyau des Lofoten, véritable village carte postale. Niché aux pieds de falaises abruptes, Reine est enveloppé de montagnes aux pics enneigés qui contrastent avec le bleu profond turquoise de la mer. Ici et là, les rorbuer illuminent le village, ajoutant du charme au tableau. D'immenses séchoirs à morues (cabillaud) tapissent le paysage, apportant une note locale, exotique. Les corps charnus des morues sont suspendus aux vents, des grappes de têtes de morues sont accrochés à d'autres claies.

La morue boucané au soleil sous la neige et les vents de Norvège donnera le Stockfish. L'odeur du poisson se mêle aux embruns... Si l'argent a une odeur, il a celui de la morue au Lofoten.

Milles rayons amoureux jouent dans l'eau du fjord. J'ai la subite envie de plonger dans ce bouillon, cet écrin de lumière. Ah si l'eau n'avoisinait pas les 3°... Je prends un bain par réflexion.

Je musarde dans Reine dans une joie contemplative m'adonnant à la photo, pestant aussi un peu contre mon objectif encore un peu embuée.. un petit flou au centre de mes photos, difficile à faire passer pour artistique. Je me console en faisant des panoramiques à l'aide de mon iphone.

Accrochés à une falaise, des couples de mouettes tridactyles se pelotonnent, amoureux... C'est la saison des amours, tous les discours finissent par je t'aime. L'amour qui se paie en amour. De face, de côté, assise, ou comme à la prière, le crâne au sol, la croupe à la lumière... l'amour de toute les manières.

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Dans l'après midi, nous prenons un peu d'altitude en grimpant en haut du Nesfjellet sur l'île de Flaskstadøya. En milieu d'ascension, nous chaussons les raquettes. Nous progressons sur un tapis de neige fraîche sans traces. Le champ de neige inviolé s'élève et laisse entrevoir en contre bas le fjord et l'eau turquoise. Amazing ! splendid... Le ciel chargé de nuages gris, gercé de lumière complète le spectacle.

Et voilà qu'un pan de neige se détache de la falaise... Non, c'est une nuée de lagopèdes qui s'éclipse dans un souffle de vent.

La descente en raquettes est des plus amusantes. Petits sauts,  joies de la glisse, avec les raquettes, sur les fesses... Un bon moment de détente. Une bonne dépense. On a bien mérité notre saucisson d'Elan, nos toasts Kaviar et notre Arctic quotidienne.

Le temps est trop couvert pour espérer entrevoir une aurore boréale cette nuit. Ce n'est que partie remise

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Ecrins de Lumière : Lofoten Album Ecrins de Lumières

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Un Temps bien gris pour un coin de paradis - plage de Haukland

Ecrins de Lumière : Lofoten Album Ecrins de Lumières

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

C'est un jour sombre. Le temps est fâché... Il pleut, il vente inlassablement sur les Lofoten. la lumière semble prétendre que le jour touche à sa fin alors qu'il est à peine 10h. Pas un temps à mettre le nez dehors. C'est l'occasion d'échanger autour du traitement de nos fichiers RAW. A travers Lightroom, nous discutons réglages : balance de blancs, clarté, saturation, histogramme, courbes, bruit...

Dans l'après midi, la pluie a enfin cessé. Le temps reste malgré tout très couvert. tous les sommets alentours sont dans la brume. Sylvain nous propose une balade côtière qui mène à la jolie plage de sable blanc d'Haukland sur l'île de Vestvagøya.

Pris de vague à l'âme, gémissant, la mer déverse violemment son chagrin sur la côte impuissante, ahurie, résignée. La vie est une menteuse gémit le vent, emportant les derniers bouts de joie. Et si j'allais graver mes rêves, toujours plus grands, sur la pierre pour faire mentir les éléments. J'ai monté un filtre neutre ND1000 sur mon objectif, fixé mon reflex à mon trépied, je photographie en pose lente... Adoucir les mouvements de l'eau.. Apporter un peu de tendresse et de douceur en ce jour de tempête, un peu trop en colère, un peu trop gris..C'est alors que le ciel me lance un clin d'oeil, un sourire qui déchire les nuages... Mon apn est mon pinceau. Je dessine un tableau.

Tu as les yeux si bleu, lagon des Lofoten... Un bleu profond, mordant, envoûtant...J'irai bien mettre un pied dans l'eau mais je tiens trop à mes orteils... Je renonce à l'exploit. Un radeau d'Eider à duvet chemine lui au gré des vagues se moquant bien du froid.

De retour au chaud et au sec, nous dégustons un plat local préparé par sylvain : de la morue pochée, des oeufs de morue arrosés de la sauce au foie de morue avec des pommes de terre cuites au four. Hum...

Le temps est de nouveau exécrable. Il ne nous laisse aucun espoir de pouvoir observer une aurore boréale. Demain... Peut-être...

Ecrins de Lumière : Lofoten Album Ecrins de Lumières

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Nusfjord et Ascension du Torsfjordtinden

Nous préparons nos sandwich chou-crevettes un oeil à la fenêtre observant le temps changeant.

Villages des Lofoten : Village de Nusfjord

Nous avions prévu d'effectuer une randonnée en raquettes au sommet du Nesheia (425m) mais nous sommes vite rattrapé par la pluie et la neige mêlées. Pris de froid, le temps a revêtit une écharpe de brume. On n'y voit plus rien. Nous renonçons, regagnons notre véhicule et partons visiter le petit village de pêcheurs de Nusfjord, niché au creux d'un fjord, classé au patrimoine mondiale de l'humanité, en attendant que le temps devienne plus clément. Car il faut bien le dire. Il ne fait pas un temps à faire sécher la morue !

C'est à l'abri que nous mangeons nos casse-dalle.

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

L'après midi, nous profitons d'un temps plus calme pour nous lancer à l'assaut du Torsfjordtinden. Nous effectuons la première partie de l'ascension sans raquette jusqu'au refuge de StrandBrua. un couple d'amoureux a allumé un feu et joue une scène romantique à l'intérieur du refuge. Nous les laissons vaquer à leurs élans et  ébats amoureux en toute tranquilité, chaussons nos raquettes et poursuivons l'ascension. Nous sommes vite rattrappé par un mur de neige qui s'abat sur nous, poussé par le vent, nous pétrifiant... Mais le soleil n'a pas dit son dernier mot... Alors qu'on le croyait agonisant, voilà qu'il déchire le duvet de nuages... J'aime ces ciels changeants, tourmentés, déchirés, ils procurent de si belles lumières. Le panorama en haut est de toute beauté. Nos APN crépitent. En bas, se trouve la plage de Kvalvika, là où deux surfers ont construit une cabane à base de divers matériaux ramassés sur place, afin de pouvoir s'abriter et pratiquer le surf tout un hiver (leur blog).

23h : Alors qu'on s'apprêtait à renoncer une nouvelle fois à chasser les aurores, guettant dans le ciel la moindre trouée laissant espérer l'impossible, il nous semble apercevoir une timide nuée dans la voûte céleste. Une rapide photo témoigne de l'évidence. Quelques aurores craintives lacèrent les nuages noirs. Nous nous éloignons des habitations du village et des pollutions lumineuses, prenons la direction du cimetière... Le miracle se produit, une rapide mais belle aurore boréale colonise le ciel. Le spot n'est pas fabuleux. Mais nous n'avons pas le temps de faire la fine bouche et de chercher un meilleur cadre. Je déclenche, une maison et des herbes folles feront l'affaire au premier plan.

La fête est de courte durée. Notre errance aurorale n'aura pas duré bien longtemps. Cinq à Dix minutes de spectacle pas plus... . Au lit.

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Asencion Offersoy kannen

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Entre mer et montagnes : Lofoten entre mer et montagnes

C'est l'heure timide ou le soleil dénoue sa longue coiffe rouge à l'horizon de l'Est, un matin plein de promesses. Je m'extirpe de ma chrysalide à plumes pour rejoindre le froid. Les nuages sombres s'illuminent, le soleil se lève et il le crie bien fort en déchirant la nuit. Je capture l'éphémère.

Un peu plus tard, nous quittons notre hébergement de Fredvang en direction du Nord.

Nous faisons halte, dans la matinée, sur l'île de Vestvagøya, pour effectuer l'ascension de l'OffersøyKammen (436m) , réputé offrir un fabuleux point de vue, en son sommet, sur toutes les îles lofoten.

Le chemin est typiquement norvégien. Pas de virages, pas de zig ni de zag.. Tout droit, du rude, du dur, du brut, à la vicking !! Du coup, ça monte sévère... Mais c'est bon !

Alors que nous n'avions quasiment croisé aucun norvégien sur Moskenesøya et Flakstadøya, nous rencontrons durant l'ascension beaucoup de locaux. Quelques jolies oiselles norvégiennes : de belles blondes, élancées, sportives, me poussent à accélérer le pas... J'ai du mal à les suivre, je ne fais pas le coq.. Mais je mets du coeur à l'ouvrage pour ne pas être distancé. Mes yeux s'ensoleillent. La nature est si belle, si envoûtante. J'aime ces lignes, ces courbes, ces bosses, ces modelés... Je suis le laboureur des sillons mouillés... Viens jolie oiselle, goûter à mon gourdin de miel...  Je divague, je rêve, voilà maintenant que je m'envole.... jusqu'au sommet...

Light's Windows to Eden

A peine le temps de reprendre mes esprits et de gagner la crête, qu'un rideau d'obscurité s'abat soudainement sur nos têtes. Un mur de grisaille engloutit les montagnes... La déferlante arrive, se répand en flocons... le déluge blanc nous engloutit... Je regarde, impassible, le ciel nous dévorer... Frozen... Brusquement, une fenêtre de lumière transperce l'écran de ténèbres. La corniche enneigée est le chemin qui mène à la lumière : c'est la porte du paradis. Je suis aux anges. A moins qu'il ne s'agisse d'un piège, dix pas de plus sur le côté, la corniche n'attend que mon poids pour céder... La chute serait vertigineuse.

Les nuages de brume finissent toujours par rendre le paysages qu'ils ont volés. Le ciel se dégage. Le paysage grandiose apparaît. C'est magnifique ! I feel outstanding... 

Rassasié, j'effectue un peu plus tard la descente à pic rapidement pour rejoindre la voiture.

Nous reprenons alors la route pour rejoindre notre nouvel hébergement au Sildpolnes Sjøcamp à une quinzaine de kms de Svolvœr.

Après avoir dîné de succulents Fiskekaker, nous partons chasser les aurores boréales savamment emmitouflés.

Sur le bord d'une route, au bord de l'eau, nous dressons notre camp de base. Nous formons un curieux équipage en attente d'un message solaire sous le froid polaire. Mais rien ne vient, le ciel est pourtant bien dégagé, les indicateurs plutôt positif... Le kp est à 3..

Il fait froid... un froid qui mord, qui coupe, qui pénètre, qui brûle,  qui pique... Je danse sur place pour me réchauffer. Je ne sens plus mes orteils, nécrosés.

La lune est presque pleine, le nuit est claire, peut-être trop claire, une traînée timide à peine perceptible apparaît , puis une autre par là... De faibles récompenses pour notre engagement total....

C'est alors que le miracle s'accomplit : Une trainée à époustoufler la lune et son troupeau d'étoiles traverse le ciel et se met à danser au dessus de nos têtes.. Pendant quelques minutes, Aurora ondule son large voile inondant le ciel nocturne... C'est l'embrasement céleste. J'ai repéré deux petits arbres qui me serviront de premier plan pour cadrer la belle, l'envoûtante, la mystérieuse... 

 

Nous ne ressentons plus le froid. La ballet de lumière à irradié nos corps. Une vague de chaleur s'est répandu à l'intérieur. Nos visages ont été incendiés par les rayons de la nuit. La joie se devine, se lit, c'est là, maintenant, à cet instant, le bonheur...Coming from Fire...  Et alors, qu'est ce qu'on fait maintenant ? On savoure....

Northern Light : Aurores boréales Lofoten

Aube & Crépuscule : Lofoten à l'Aube et au crépuscule

Ascension du Kwitinden

Panoramiques : Vues panoramiques Lofoten

Trekking raquettes : Trek au Lofoten

Du camping Sildpolnes, nous distinguons notre objectif du jour. Le sommet du Kwitinden est bien dégagé et paraît, vu d'ici extrêmement enneigé. Par précaution, nous enclenchons nos balises ARVA et emmenons dans nos sacs à dos des sondes et une pelles.

Après avoir effectué une vérification rapide du bon fonctionnement de nos balises, nous nous mettons en marche, raquettes aux pieds. Après avoir contourné un petit lac gelé, nous avalons un premier raidillon à pente progressive mais engagée. Le temps se gâte encore... Un chape de coton nous enveloppe... La neige nous enrobe dans un épais brouillard. On y voit plus grand chose... Il me semble distinguer une forme qui se dessine, se fond là bas dans des lambeaux de brumes.. Une créature géante mystique ? C'est un troll des neiges, il vient de surgir au milieu de la tempête. Il mêle ses rugissements aux éléments déchainés ouvrant sa grande gueule tel un ogre... Il va nous dévorer !

Fuir, poursuivre... Nous poursuivons jusqu'à un replat et attendons ici quelques temps l'embellie, invoquant la déesse... De ses mains naîtront les printemps... Le ciel se déchire dans un faisceau de lumière, le brouillard se dissipe comme par magie. Le sommet se découvre... Il ne nous reste quelques centaines de mètres à parcourir pour le rejoindre. Que la montagne est belle. Une ambiance de haute montagne à 500 m d'altitude. L'instant est magique. L'amphithéâtre dans lequel nous progressons est grandiose, la vue panoramique à 360° est exceptionnelle. Whaou....

Après avoir musardé quelques minutes au sommet, nous effectuons la descente comme des enfants, en courant, sautant, glissant tantôt sur les fesses, tantôt sur le ventre, nous émerveillant à chaque instant. La légèreté, l'innocence sont les plus doux pansements.

De retour à la notre voiture, nous reprenons la route vers Evenes pour gagner notre dernier hébergement et tentons après le dîner une nouvelle chasse aux aurores boréales.

Mais les nuages trop denses nous cachent la vue... Qu'à cela ne tienne. La météo locale annonce un ciel plus dégagé plus au nord. Une partie de la troupe se met en route... Il nous faudra parcourir au moins 60 kms et un peu plus d'1h15 de trajet plus au Nord pour dépasser enfin les nuages...

Le spot est idéal, la mer en avant plan, la montagne en ombre chinoise en arrière plan... Je savoure déjà l'instant... ma composition est déjà prête dans ma tête... Vienne, vienne Aurora pour illuminer la scène... Un petite apparition, là maintenant, que je déclenche et que je t'enferme dans ma boite. Mais la belle se fait désirer, désirer en vain...

La nuit est lumineuse, elle a mis écharpe lactée... je m'en souviendrais lors de mes jours sombres. La tête en l'air, comme si guettions des anges ou des muses entre la terre et le ciel. A défaut d'aurore, on se console en gobant les étoiles. L'une d'entre elle se sentant observé, file dans le ciel ... 

Il faut accepter le rendez-vous manqué et rebrousser chemin... C'est mort de fatigue que nous regagnons nos lits douillets et que nous partons rêver, rêver ecnore, rêver toujours...

Puis regagner nos pénates avec des désirs véhéments et des promesses plein la tête. Je reviendrais ici pour engloutir  la vie jusqu'à m'en faire rire le ventre.

 

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