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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:24

 

   

Imaginez... Une île en face du Groenland, par 65 degré de latitude Nord, une terre forgée par le feu et taillée par la glace, l'eau et les vents. Une terre jeune et bien vivante qui crachote, éructe, tremble chaque jour, qui grandit et qui se fracture sans cesse. Une terre, peuplée de Vikings, laissant par endroit, apparaître les entrailles de la terre. Cette terre, considérée autrefois comme la porte des enfers... Cette terre, c'est l'Islande.

Un paradis pour les amoureux des grands espaces. La nature, brute de décoffrage, offre aux plus courageux des randonneurs, des sites naturels exceptionnels d'une grande diversité : volcans, glaciers, champs de laves, sources fumantes, déserts de pierres, de cendres, sols craquelés, fumants ou recouverts de mousses, gigantesques chutes d'eau, falaises, failles... Chaque journée de marche permet de découvrir un nouveau monde composé de lieux plus fascinants, plus mystérieux les uns que les autres. Les superlatifs manquent pour décrie la grandeur des paysages.

Inhospitalière, désertique, considérée comme l'une des terres les plus sauvages du monde, elle offre un univers sublime de désolation et de solitude.  Confort sommaire, climat capricieux, fouler la nature islandaise, c'est accepter d'être remis à sa place par les éléments, c'est apprendre à rester humble.

Royaume mystique sous l'influence des Elfes, des Trolls et autres créatures féériques, l'Islande m'a amené à voyager au delà de la surface du visible. Il suffit d'être un peu réceptif pour faire un bout de chemin en compagnie d'hôtes insolites qui cohabitent avec nous dans un espèce de monde parallèle. 

Accompagné de neuf autres aventuriers 66 Nord, j'ai bivouaqué pendant quinze jours, au milieu des plus beaux sites naturels du sud de l'Islande profitant  :

  • des chatoyantes couleurs rhyolites de Landmannalaugar
  • des obsidiennes et des sources chaudes de la caldéra de Hrafntinnusker
  • du désert de cendres noires d’Emstrur le long de la calotte du Myrdalsjökull 
  • de la profonde et mystique vallée boisée de Thórsmörk (Þórsmörk) où dévalent d’énormes langues de Sérac.
  • des laves récentes de  l'Eyjafjallajökull 
  • des falaises, des chutes d'eau, des orgues basaltiques, des macareux et de la belle plage de sable noir de Vik

J'ai exploré :

  • l'un d’un des plus beaux parcs nationaux d'Europe: Skaftafell, sous le plus grand glacier d'Europe : le Vatnajökull.

J'ai été époustouflé par 

  • la magnifique lagune glaciaire de Jökulsárlón

 

Parce que "vivre ce n'est pas que respirer, c'est aussi avoir le souffle coupé"...durant ce fabuleux trek dans le sud de l'Islande, j'ai poursuivi de grandes émotions, j'ai bu bien des mystères. J'ai goûté aux joies les plus pures, les plus extrêmes. J'ai même trébuché dans un sourire, dans un regard. J'ai rencontré l'Amour. Je me suis senti si vivant que j'ai bien cru que l'exaltation allait me soulever de terre.

 

Liens vers les albums photos

Mystérieurse Landmannalaugar http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-landmannalaugar.html

 

Trek de Laugavegur http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-trek-de-laugavegur.html

 

L'Eyjafjallajökullhttp://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-eyjafjallajokull.html

 

Vikhttp://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-vik.html

 

Parc naturel de Skaftafell http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-skaftafell.html

 

La lagune de Jökulsarlón http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-lagune-de-jokulsarlon.html

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Direction Reykjavik

"And we are far from home, but we're so happy,
far from home, all alone, but we're so happy"

Terminal 1 de l'aéroport Charles de Gaulle : Je me passe en boucle l'excellent album "My head is an Animal" du non moins excellent groupe islandais Of Monter and Men que j'ai découvert il y a quelques mois et dont je suis devenu totalement addict. J'attends patiemment l'embarquement du vol  X9405 de la compagnie Wow air en direction de Rekyavik. 

Un voyage commence toujours par un temps d'attente. Viendra très vite le temps de l'émerveillement et plus tard encore le temps des souvenirs, celui qui tord le cou à la fugacité. Cette attente est de bonne augure. Quelques signes attestent incontestablement que des jours mystères et des jours soleil vont bientôt naître.

Un petit bout de femme aux cheveux verts stabylo attire tous les regards. Il n'y a pourtant rien d'extraordinaire : C'est juste un petit troll islandais qui rejoint sa terre. 

Moi, c'est Elle, que je ne quitte pas du regard. Une petite fée aux yeux brillants de lumière, au sourire éclatant, enjôleur, enivrant. Au moment où je l'ai vue, je crois bien que j'ai su. Je me rappelle d'ailleurs de cet instant, celui ou l'on ressent, à l'intérieur de tout son corps,  comme un retournement, comme un débordement. J'ai le coeur qui bat tout fou, le ventre qui chante et le regard d'un enfant qui espère, lorsque je m'envois en l'air à bord d'un avion rose fluo vers le pays des Elfes  :-) 

La compagnie Wow air vous souhaite un bon wowage. Nous embarquons avec près d'1h30 de retard, Enjoying your fly, enjoying the View ! 

Et après un peu plus de 3h de vol, nous débarquons sur le tarmac de Keflavik et intégrons le jour polaire. Nos prochaines journées n'auront pas de nuits.

Il nous faut quelques 45 minutes en bus pour traverser une plaine de lave recouverte de mousse, bordée de lupins et rejoindre Reykjavik et notre Guest House Kex Hostel.

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Les chatoyantes couleurs de Landmannalaugar

Album Photos de Landmannalaugar http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-landmannalaugar.html

Gare centrale de Bus BSI de Reykjavik,  nous montons à bord d'un monster bus 4x4. Après quelques kilomètres d'asphalte, nous empruntons une piste chaotique parsemée de nids de poules. Le paysage est superbe. Nous traversons d'abord la lune : Un sol noir, désolé,  s'étend à perte de vue. Il est par endroit parsemé de morceaux de roches. Un peu plus loin, il fait place à des collines recouvertes de mousse bien verte. un bel écrin de velours.

Elle est là, comme moi, absorbée par le paysage. Elle a l'oeil dévorant, un peu insouciant... ce regard émerveillé de l'enfant qui part à la découverte du monde. Elle sourit  à ce jour plein de promesses. Mag des délices, c'est son nom, elle est un bouquet de tendresse. je fonds. Un petit rayon de chaleur me caresse l'épiderme et m'invite au frisson.

Banzai ! Notre chauffeur Viking franchit un impressionnant gué et nous dépose en pleine nature aux bords des flancs colorés de Barmur, tout près de l'Hekla, longtemps considéré comme la porte d'entrée des enfers. C'est là, que nous allons installer notre camp pour deux nuits.

Un camping, un refuge, un bloc sanitaire avec lavabos et douches payantes, un mountain mail installé dans un vieux bus, c'est tout ce qu'il y a ici, au milieu de cette époustouflante vallée de nature. Et quelle nature : une explosion de formes et de couleurs insolites. Nous sommes au milieu de montagnes de rhyolites aux couleurs flashy qui passent par tous les dégradés de jaunes mêlés de gris, d'orange et de vert...

Le temps est capricieux : la brutalité des changements de temps n'est pas une légende. Il pleut quasiment tous les jours en Islande mais heureusement pas à chaque instant. If you don't like the weather, just wait five minutes vous diront les islandais.

Nous montons le camp sous une pluie fine nous cisaillant le visage. Je grelotte. 

Dans l'après midi, nous partons en balade fouler le champ de lave de Laugahraun au pied du volcan Brennisteinsalda. Le rouge du fer, le jaune des sulfures, le bleu et le noir de la lave, le vert des lichens, le blanc de la neige se mélangent pour offrir au regard un fabuleux tableau au milieu duquel des solfatares déversent leurs vapeurs de soufres. Incroyablissime !

De retour au camp, quelques compères, non rebutés par la pluie et le froid vont se baigner dans un ruisseau alimenté par des sources chaudes. C'est une zone marécageuse perdue au milieu des herbes, des boutons d'or et des linaigrettes arctiques.  Une passerelle en bois mène au lieu de baignade. Il sont là, dans l'eau, cherchant les courants chauds, complètement fous. Une vraie dinguerie ! ce sont des fous magnifiques.

Avec la lumière du jour polaire, la météo changeante, et cette nature grandiose, on a vite fait de perdre ses repères. Quelle heure est il ?  Qu'importe ! Le temps n'existe qu'en toi et tu es son écho.  je suis bien au chaud dans mon duvet pendant que Thor et Odin se déchainent à l'extérieur. Des ogres nuageux se livrent une gigantesque bataille, déferlant sans cesse contre la toile, menaçant de l'envahir à grand fracas. je m'enfonce un peu plus dans ma chrysalide à plumes, mon esprit s'évade jusqu'à la rejoindre. Je rêve d'Elle. Elle m'ensorcelle.

 

Il bruine ce matin et la brume enveloppe le paysage mais cela ne nous empêche pas d'aller explorer les plus beaux sites du massif coloré de Landmannalaugar.

Notre petite troupe prend d'abord la direction du lac de Frostadarvatn. Un lagopède observe sereinement notre baguenaude. Un peu plus loin, un pluvier doré pousse des cris stridents en courant au sol. il semble nous inviter à le suivre. Il feint même une blessure, puis se relève et repart de plus belle. Sa petite représentation vise, sans nul doute, à nous éloigner de son nid et de sa belle. Quel brave oiseau !

Stutur, un cône volcanique aux allures de flamby, recouvert de lichens, nous invite à la contemplation béate. Que c'est beau ! J'ai l'impression d'épouser la vie, de l'aimer simplement.

Tout à coup, je distingue un  murmure comme si l'air me parlait. Alors, l'oeil aux aguets, je me mets à guetter, observer d'impossibles présences. Je sens bien que ces lieux sont peuplés de petits êtres invisibles s'activant ici ou là mais je n'arrive pas vraiment à les distinguer. J'aime ces endroits empreint de mystères que la raison n'explique pas mais que nos sensations et notre intuition nous révèlent.

Nous poursuivons notre chemin sur des sols spongieux (l'impression de marcher sur des éponges). Nous traversons quelques névés et rejoignons les crêtes du Suðurnámur, pour prendre de la hauteur et profiter d'une vue panoramique sur toute la région. Le soleil fait de temps à autres, quelques apparitions déchirant le ciel torturé, révélant des couleurs flamboyantes. Je me régale !

Nous poursuivons notre découverte de Landmannalaugar en rejoignant le cratère de Ljótipollur, une gigantesque excavation aux parois rouille dans le fond est occupé par un très beau lac bleu-vert. Je me demande où se cache le vilain troll géant qui a violenté la montagne. Les pans de falaise présentent par endroit de larges balafres. Griffée, défigurée, la falaise saigne répandant sa souffrance... Nous dévalons la pente de sang séché pour rejoindre le bord de l'eau.. C'est ici, dans ce surprenant coin de nature que nous partageons notre pique-nique. 

Je suis alors charmé par une jolie silène des rochers. Il me semble même avoir aperçu un petit elfe voleter sous la petite fleur. Je cherche en vain ce petit être magique. je voudrais qu'il m'indique les mots qu'il faut qu'on dise pour attirer l'attention des petites fées.

 

Alors que le grain nous rejoint, un peu plus tard dans l'après midi, nous effectuons la circonvolution du cratère de sang. Le vent et la pluie nous trempent jusqu'aux os. Nous regagnons le camping, frigorifiés. Au diable Raynaud ! Malgré mes gants,  j'ai perdu l'annulaire et l'index.

Il fait trop froid pour profiter du soleil de minuit.

Retrouvez toutes les photos  de l'Album Landmannalaugar http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-landmannalaugar.html

 

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Le fabuleux  trek de Laugavegur

 

Album photos Trek de Laugavegur http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-trek-de-laugavegur.html

Pendant le trek. Un gros 4x4 et une remorque transportent tout notre matériel de camping (tentes, tente messe, réchaud, réserve de bouffe et nos gros sacs de fringue). Nous portons que nos affaires de la journée.

Etape 1 : Landmannalaugar - Álftavatn

8h30 de marche - 24 kms - 950 m de dénivelé +

C'est la plus grosse et la plus éprouvante journée du Trek mais c'est aussi la journée la plus belle si l'on en juge par la diversité et la beauté des paysages traversés.

Après un copieux petit déjeuner et avoir démonté tout notre camp sous la flotte, nous entamons, coeurs vaillants,  cette grosse journée de trek.

Nous traversons le champ de lave de Laugahraun et passons le Brennisteinsalda dans le brouillard. Des odeurs de souffre nous titillent les narines.

Nous poursuivons le sentier qui s'élève et nous mène à la zone géothermique de Storihver. Des mares de boues sulfureuses aux innombrables fumerolles, des champs de neige ponctuées ici et là de petites tâches de lichens vert fluo...  Nous cheminons, silencieux, au milieu d'un paysage sauvage qui a nul autre pareil, un lieu où la terre, taillée par la glace, forgée par le feu, tousse, crache à tout-va.  

Un peu plus tard sur le chemin, nous rejoignons une grande étendue désertique. Nous sommes au milieu d'un univers sublime de désolation et de solitude : un immense champ d'obsidienne. L'impression de marcher sur le sol d'une autre planète. La roche volcanique vitrifiée scintille aux quelques rayons de soleil qui perce l'éden. Je ne résiste pas à en ramasser un morceau. Aie.. Mauvaise idée. L'obsidienne est très coupante, très tranchante. J'en fais les frais. Le vent est fort, par moment la visibilité es nulle. Des cairns et des piquets permettent de se repérer. Le plateau a mauvaise réputation. Une plaque commémorative mentionne d'ailleurs la mort d'Ido, un jeune homme pris dans la tempête en 2004.

Nous atteignons la caldeira volcanique de Hrafntinnusker et son refuge. Le brouillard se lève enfin et laisse apparaître, par endroit, de grandes parties de ciel bleu. Nous déjeunons sur la terrasse du refuge, réchauffés par les rayons du soleil face à un paysage de carte postale. Un pur moment de bonheur !

Et si tu devenais "happyculteur" pour faire ton miel de tous ces petits moments de vie et de bonheur. C'est sans doute l'émerveillement et l'insouciance dû à mon âme d'enfant, qui m'a permis d'entendre ce murmure du vent. La petite fée m'a sourit. J'ai eu très envie de lui proposer de partager avec moi, ce nouveau job.

"So hold my hand, I'll walk with you my dear", je fredonne ce peu air en signe d'invitation.

Dans l'Après midi, nous traversons un immense plateau recouvert de neige. Nous passons quelques  ponts de neige prêts à céder sous nos poids.

Nous prenons ensuite la route des montagnes de Reykjafjöll.

Je me rappelle être resté longtemps ici, béant, la figure tournée vers l'horizon. j'ai pris une gifle céleste devant ces formes et ces couleurs.  Des mots, des images, des histoires me sont montés à la tête... Puis j'ai eu la soudaine envie de sauter en l'air pour célébrer la Vie. C'est pour cela que nous sommes venu au monde, Non ? ... pour inventer la vie.

J'ai côtoyé l'éternité quand Mag, mon enchanteresse, a chopé mon APN et déclenché l'obturateur pour figer cet instant.

J'ai un appétit jubilant pour ces paysages grandioses... et pour Elle...

Quelques efforts encore d'ascension pour atteindre Jökultungur et un incroyable point de vue sur notre objectif du jour : le lac d'Álftavatn.

Du haut de la crête, apparaît l'énorme calotte du Myrdalsjökull posé sur un désert noir. Sur la droite des montagnes au couleurs dominantes vertes et noires : l'Oasis d'Álftavatn.

Nous descendons maintenant vers le lac d'Álftavatn. Les paysages colorés font place à un paysage beaucoup plus sombre, composé de tuff... le noir domine mais il est aussi composé de splendides étendues verdoyantes.

Nous marchons au bord de belles étendues de mousse verte fluo. La philonotis fontana est recouverte de petite perles en sa surface : le diamant des Trolls. Voilà une herbe magique qui pourrait bien servir à confectionner quelques bijoux fantastiques à ma belle et douce ensorceleuse.

Nous atteignons le camping d'Álftavatn sous la pluie. Nous montons le camp sous la flotte et le vent, dur dur après cette éprouvante journée de marche. .. Putaing... C'est la cagade ! La petite fée du sud a un drôle de vocabulaire. J'adore ! Il suffit de quelques mots magiques pour redonner du coeur à l'ouvrage.

Etape 2 :  Álftavatn - Emstrur

6h de marche - 15kms - Dénivelé 50 -

La nuit a été venteuse, particulièrement agitée. Je n'ai pas très bien dormi... Purée ! Les miroirs devraient d'abord réfléchir avant de renvoyer des reflets. Je ne me reconnais plus aujourd'hui, c'est moi sous ces plis ? Je n'ai pas figure humaine ce matin quand je rejoins notre tente messe pour prendre le petit déjeuner. A voir l'allure des mes acolytes, je ne suis visiblement pas le seul à avoir peu dormi.

Au dehors, un bel arc-en-ciel nous réchauffe le coeur et nous motive pour plier le camp. En un peu plus d'heure, tout est rangé dans le 4x4 et la remorque qui transportent notre gros équipement, et nous voilà prêt à marcher pour rejoindre Emstrur.

Le chemin nous emmène au dessus de la crête de Brattháls. Un labbe parasite virevolte au dessus de nos têtes. C'est un redoutable prédateur. Cet oiseau a mauvaise réputation : il agresse tout oiseau ou mammifère qui pénètre sur son territoire, pouvant même infliger des dommages aux hommes imprudents qui s'aventurent à proximité de son nid. Je me sens moyennement rassuré mais pas le temps de s'inquiéter ! Nous voilà face à notre premier gué de la journée. Au ravin de Hvanngil, il nous faut traverser le petite rivière de Bratthálskvísl. Nous quittons nos godasses de rando que nous laçons ensemble et que nous pendons à notre cou, nous ôtons le pantalon et chaussons nos chaussures de gué. 

J'ai de l'eau au dessus du genou et ça fait un mal de chien. L'eau doit être à 1 ou 2°. C'est comme si, je prenais des décharges électriques dans les jambes. Le courant est assez fort, il faut se concentrer pour ne pas trébucher, ce serait la catastrophe. C'est le bonheur quand on atteint l'autre rive. Le sang qui avait abandonné nos jambes se ramène maintenant à grand flot... J'ai les pieds en feu quand je remets mes chaussettes... Une drôle de sensation.

Nous gagnons les huttes de Hvanngil où nous nous arrêtons quelques instants. Ici, il y a un refuge et un petit camping, situé en plein milieu d'un champ de lave. Dépaysant !

Nous poursuivons notre route, le décor devient plus minéral.

 

Parfois, un souffle d'ailes invisibles traverse l'air. Alors tous mes sens se mettent à poursuivre ces petits êtres dont je ne distingue que les ombres. J'aime vraiment écouter mon sentir. Je sais bien qu'il sont là parce que j'ai entendu un petit bruit dans la mousse, et plus loin des froissements et quelques craquements de roc... je peste un peu parce que je les sens mais je ne les vois pas.  Mag, la petite fée, a l'air d'avoir plus de chance. Je la vois bien de temps à autres, s'isoler, s'accroupir, se pencher, s'allonger, en pleine conversation avec ces petits êtres féériques. J'aimerais bien entendre leurs échanges.

Nous atteignons bientôt une immense étendue de sable noir : le désert d'Emstrur, où se dressent, ici et là, quelques montagnes coniques toutes habillées de vert.

Nous prenons un peu de hauteur pour pique-niquer en profitant d'une vue imprenable sur toute la région. Nous devinons même au loin le glacier Myrdalsjökull. Mais le vent est fort et l'air glacial, ce qui nous pousse à écourter ce petit moment de repos.

Un peu plus loin, nous traversons la bouillonnante et tonitruante rivière glaciaire Nyrði Emstrúa grâce à un pont. Un petit arc-en-ciel se forme dans le méandre. 

Le vent continue de souffler très fort. De temps à autres, de gros convois de nuages traversent le ciel, avalant le soleil,  déversant leur lot d'averses plus moins fortes, plus ou moins longues, puis le soleil, revient par éclats raviver la grisaille, faisant réapparaître les paysages par un jeu habile d'ombres et de lumières.

On dit que parfois les oiseaux portent des histoires, mais le plus souvent, elles voyagent simplement dans le bruit du vent.  Et c''est ainsi que le vent me rapporte cette belle histoire d'Eyvindur, un islandais, proscrit au XVIII° siècle, expulsé de Reykjavik, obligé de survivre pendant trente années en pleine nature sauvage, dans les montagnes, dans une cabane sommaire qu'il avait aménagée, en couvrant une fissure dans la coulée de lave avec des blocs de rochers, non loin de la source chaude qui porte aujourd'hui son nom... Un homme libre en pleine nature, se nourrissant d'angélique. Le vent adore les histoires de liberté. Il leur donne toute sa force...

Il y a dans les parages, une ferme hantée par des esprits. Mag, l'enchanteresse nous convainc de la suivre pour admirer la bicoque. Et notre aventure se transforme bientôt en chevauchée paranormale. Notre curiosité nous entraîne hors sentier, à travers une vallée cachée, empruntée par les moutons lors de leur transhumance. Il nous semble apercevoir tout une série de signes et de symboles, des marques au sol, nous indiquant le chemin. Quelle aventure !  J'aime les folies. Ce sont les seules choses qu'on ne regrette jamais.

Après cet audacieux petit détour, nous ré-incorporons le désert noir jusqu'aux huttes d'Emtrur où nous installons notre camp, une nouvelle fois, sous la flotte et le vent.

En soirée, un petit sentier que je chemine en une quarantaine de minutes aller/retour, me mène au fabuleux Canyon de Markarfljótsgljúfur. la faille de 200m de haut creusée par la Merkafljot est juste à couper le souffle. Ses parois sont affublées d'une myriade de teintes. Je me trouve au beau milieu d'un paysage de contes et de légendes fantastiques. 

Sur ses lèvres, un sourire invitant, m'entraine dans les élans de l'amour. Tendrement, elle m'offre un doux baiser, accueillant mes lèvres qui s'attardent et qui s'attachent. Je sens se dresser mon désir... je l'effleure un peu, puis la déshabille, la contemple longtemps, puis je voyage, j'explore. Mes mains, caresses, ressentent les émois bouillir sous son écorce. Je vibre de délice, au toucher de sa peau. Mon coeur bat tout fou. Je ressens nos corps chauds qui palpitent, qui frissonnent. J'ai l'envie furieuse de goûter au plaisir d'elle. C'est avec cette pensée que je me réveille. Il fait jour mais c'est encore la nuit. 

I'm falling in love. Je crois que je pourrais l'aimer à rendre jaloux le bonheur.

Etape 3 :  Emstrur - Vallée de Þórsmörk

5h30 de marche - 15kms - Dénivelé 300 

Nous partons des chalets d'Emstrur en direction des magnifiques gorges de la rivière Emstruá. Nous traversons de grands canyons en empruntant quelques passages à l'aide de cordes.

puis le paysage, petit à petit, s'adoucit et prend des allures de cirque alpin. Je partage mon pique-nique avec Elle. C'est un petit grain d'épice tout en douceur. Je sais à quel point, elle pourrait pimenter ma vie, lui donner, au quotidien, plus de saveur. C'est fou, comme à côté d'elle, je sens battre la vie. A ce moment, elle ne peut  plus rien ignorer de l'attirance qu'elle exerce sur moi et des forts sentiments qui m'animent.

Un dernier petit passage à gué et c'est au milieu des bouleaux arctiques et des chants d'oiseaux que l'on atteint la riante vallée de Thorsmörk : " les bois de Thor ". Nous cheminons une trentaine de minutes à travers la forêt pour rejoindre le refuge de Langidalur.

Alors qu'il a fait beau une grande partie de la journée, nous montons une nouvelle fois le camp sous la pluie face à l'Eyjafjallajökull.

Retrouvez toutes les photos du trek de Laugavegur en suivant le lien suivant : http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-trek-de-laugavegur.html

 

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Randonnée Jusqu'aux laves de l'Eyjafjallajökull 

Album photos Eyjafjallajökull http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-eyjafjallajokull.html

7h de marche, Dénivelé : 850 +

Nous passons une excellente journée de randonnée sur la "terre des dieux" au coeur d'une vallée aux reliefs tourmentés. Nous grimperons le long de Kattarhryggir (la Colonne Vertébrale du Chat) dans les gorges de StrákagilCertains passages escarpés, exposés au vent, sont particulièrement dangereux.

Nous cheminons avec prudence, en nous aidant de temps à autres de mains courantes.

Nous atteignons bientôt un col.

avant d'effectuer une rude ascension, traverser un champ de neige et rejoindre les laves récentes de l'Eyjafjallajokull, un stratovolcan de plus de 700 000 ans, rendu récemment célèbre lors de son éruption de 2010, parce qu'il a bloqué l'intégralité du ciel européen. Nous observons les cratères de Magni et Móði formés en 2010 lors de cette éruption.

Nous déjeunons assis sur les laves de l'Eyjafjallajokull.

Il pleut, le vent est glacial. Frigorifiés, nous rebroussons chemin assez vite.

Album photos Eyjafjallajökull http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-eyjafjallajokull.html

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Waterfall et plage de sable noir de Vik

Album photos de Vik http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-vik.html

Départ matinal ce matin. Nous prenons très tôt, le bus de la compagnie Reykjavik excursions pour rejoindre Vik. Nous devons démonter notre camp avant l'arrivée du bus. Il nous faut alors  charger tout notre barda dans les soutes de l'autobus.

Un premier bus nous mène jusqu'à Seljalandfoss. Nous déambulons une paire d'heures au milieu de magnifiques Waterfalls. Après la glace et le feu, c'est l'eau qui s'expose ici dans des chutes impressionnantes,  fulminantes, comme si la montagne déversait, ici tout son chagrin.

Nous passons derrière la célèbre cascade de Seljalansfoss en suivant un sentier sinueux et glissant pour admirer la belle sur toutes les coutures. Une expérience incroyablement rafraichissante.

A quelques encablures, se trouve également la cascade de Gljúfurárfoss. Plus secrète, dissimulée derrière un mini canyon, elle vaut le détour. On y accède en marchant le long de la falaise, les pieds dans l'eau.

Je m'attends à voir sortir une naÏade de cette fontaine de jouvence m'offrant un peu de cette eau régénératrice. Une dizaine d'années de moins, c'est tout ce que je demande... Cela me suffirait pour pouvoir lui crier mon Amour, ici, dans cette grotte pour que toutes les parois lui retournent en écho. Elle sourit ! A t'elle deviné les mots et les images qui inondent mes pensées ?

Un peu plus tard,  un second bus qui doit nous permettre de rejoindre Vik, notre prochain pied à terre, marque une halte à Skógafoss. Un rideau d'eau de 62 m de haut et de 25m de large dégringole dans un nuage de fumée et dans un fracas assourdissant, laissant apparaître un ou deux arc en ciel. un spectacle grandiose, magique, impressionnant, inoubliable.

Nous terminons notre transfert en allant découvrir la plage de sable noir et les orgues basaltiques de Reynisfjall. Des troll, piégés par la lumière de l'aube naissante, gisent au milieu de l'eau, comme pétrifiés par des siècles d'attente silencieuse. Des macareux nichent, accrochés à la falaise. Je m'applique à photographier ces petits oiseaux moines au plumages noir et blanc et au bec coloré.

Nous montons enfin notre camp sous le soleil. Il est fait un temps magnifique à Vik. Nous profitons de l'après midi ensoleillé pour monter sur les hauteurs en empruntant un petit sentier qui s'élève au milieu des lupins et des angéliques.

Du haut de la falaise, au milieu des flots, d'étranges aiguilles rocheuses donnent asile à des colonies de sternes arctiques. Je prends quelques photos des oiseaux et aussi un peu d'elle. J'aimerais bien en cet instant, me pelotonner tout contre elle, amoureux, comme ces couples de sternes arctiques accrochés à la falaise de Vik.

La nuit est lumineuse et calme. La météo est devenue radieuse.

De bon matin, après avoir démonté le camp, alors que le reste de l'équipe cherche à faire le plein de Einstök et de Viking dans un Vínbúðin, je me balade quelques instants avec ma muse en direction de la plage. Je reste quelques minutes allongé là, tout près d'elle, incapable de lui dire tout ce que je ressens.

Nous prenons un nouveau bus de ligne en milieu de journée, direction Skaftafell où nous montrons notre camp pour 4 nuits dans le spacieux camping du parc.

Nous sommes le 3 Juillet 2016. L'équipe de France de Football rencontre la surprenante équipe d'Islande en quart de finale de l'Euro 2016. C'est un jour historique que nous ne pouvons pas manquer. Notre camping se trouve à près de 5 kms d'une petite auberge qui retransmet le match. Un chauffeur de bus islandais qui gagne le lieu, y dépose notre équipe. Nous suivons le match, à grand renfort de Viking, chantant tantôt la marseillaise, soutenant la plupart du temps, l'héroïque équipe d'Islande dans une ambiance chaleureuse et cordiale. Un grand moment. C'est un bus de touristes hollandais qui nous prends en stop sur la route du retour pour nous déposer au camping.

Album photos de Vik et de ses environs  http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-vik.html

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Parc Naturel de Skaftafell

Album photos du parc naturel de Skaftafell http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-skaftafell.html

 

Svartifoss, Hvannadalshnukur Kristinartindar

Nous commençons notre journée de découverte de Skaftafell en rejoignant d'abord la cascade de Svartifoss. Elle s'écoule  au milieu de magnifiques formations d'orgues basaltiques, qui se sont constituées dans des torrents de lave, en se refroidissant très lentement, se cristallisant.

 Le sentier grimpe et traverse alors la végétation de Skaftafell.

Nous prenons alors la direction du Kristinartindar pour avoir une vue imprenable sur les glaciers de Morsárjökull et de Skaftafelljökull.

Le sentier monte petit à petit jusqu’à Fremrihnaukur qui offre une première vue plongeante sur la vallée de Morsárdalur depuis une falaise. 

Nous poursuivons jusqu'au point de vue de Glama en montant le long du glacier et apercevoir les deux pics de Kristinartindar. Un premier chemin caillouteux nous permet d'atteindre le sommet. 

Le panorama  sur la langue glaciaire est spectaculaire. Le glacier semblable à un gros pancake, auquel on ferait subir une énorme pression, gerbe son surplus qui se déverse dans d'énormes langues de glaces.  

Nous rejoignons ensuite le point de vue de Sjonarnipa . La vue sur la vallée est exceptionnelle et permet de se rendre compte de l'immensité du parc. Il est même possible d'apercevoir des Iceberg dans le lac devant le Morsarsjokull.

Je suis comme une braise incandescente attendant un souffle de vent pour s'enflammer. Je cherche comment briller à côté d'un soleil.

De retour au camping, nous allons célébrer notre journée en partageant de délicieuses Einstök... Ce sera dorénavant, chaque fin de journée,  notre rituel quotidien.

Après quelques parties de tabbo, je gagne ma tente et trouve rapidement le sommeil.

Et voilà que ta main se fait caresse, naviguant ici et là sur mon torse, entraînant quelques vagues de tendresse qui déferlent puis se répandent en frissons sur mon épiderme, envahissant petit à petit tout mon corps qui s'éveille.Le souffle léger d'un frôlement de bouche... Un baiser profond sur ma lèvre qui geint. Je sens la chaleur de ton corps nu tout contre moi, je perçois les battements de nos coeurs qui s'accélèrent et les soupirs de nos désirs qui grandissent. Un baiser déposé au creux de ta nuque, mes lèvres effleurant tes deux petits seins qui se dressent. Mes doigts qui s'égarent caressant ta peau nue offerte à ma seule appétence. Lentement, je visite... je gravis, je dévale, cherchant le chemin de l'émoi. Puis nos deux corps s'entremêlent dans un rythme sensuel... tendrement imbriqués, ils ne font bientôt plus qu'un dans une infinie douceur. Quelques gémissements, l'envie de craquer, le contrôle pour retarder le plaisir puis les petits cris éparpillés au feu de la tourmente... Quelques soupirs, là, maintenant, voilà que nos corps vibrent dans un hymne à l'amour. Tu me glisses un je t'aime à l'oreille. Je cueille le plaisir. Quel délice ! C'est la fête à l'intérieur de tout mon corps !

C'est le chant de la bécassine des marais qui vient de m'extirper de mon rêve érotique. Il m'a parut si réel. Quelle douce folie ! Je rêve à la déraison, j'ai envie de me goinfrer d'amour et de vie.

Marche sur le glacier Vatnajökull

Après une petite marche matinale dans le parc de Skaftafell, je pars pour une petite escapade sur le glacier de Vatnajökull. Je suis les traces de John Snow dans Games of Thrones et de Matt Damon dans  Interstellar, deux films tournés, ici, sur ce glacier.

 

 

Album photos du parc naturel de Skaftafell http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-skaftafell.html

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Le lagon de Jökulsarlón

Album photos de la lagune de Jökulsarlón http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-lagune-de-jokulsarlon.html

Le glacier Breidarmerkurjökull donne naissance à de multiples icebergs qui dérivent vers l'océan. Le lac glaciaire de Jökulsárlón est une véritable merveille, un joyau de nature.

Nous commençons notre découverte du lagon par  une petite excursion sur le lac à bord d'un gros  zodiac pour approcher les icebergs au plus proche. Une expérience fantastique par un temps magnifique.

L'occasion d'observer un phoque, sereinement affalé, sur un iceberg.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous randonnons ensuite en bordure du lagon en nous écartant de l'agitation touristique.

Nous pique-niquons au bord du lac et nous nous adonnons à quelques photos. Je réalise quelques portraits de ma muse. Quelques uns s'en amuse.

Dans l'après midi, nous gagnons  la plage de sable noir, flânant et s'amusant à observer les reflets des icebergs selon la lumière du soleil qui illumine l'Eden.

Attaqué par un labbe, je n'ai pas d'autres choix que de plonger au sol. 

Je suis bien sur cette grande plage. Je suis comme un pauvre à qui rien ne manque ou presque. Je mettrais bien ma tête sur son ventre  pour m'endormir en sentant mon coeur battre la vie.

Nous marchons longtemps sur cette belle plage nous goinfrant de soleil, savourant les heures.

Perché sur iceberg, je la contemple amoureux. Elle s'interroge sur mon regard insistant. Je n'y tiens plus. Mes yeux sont plein d'elle... Je le lui dit, elle s'enfuit !

Je n'ai sais pas parler le langage des petites fées.  Love, Love, Love... Cause you love, love, love, when you know I can't love... je fredonne le petit air de Of Monster and men... Presse toi de m'aimer, j'ai peur d'avoir froid tout à l'heure !

Album photos de la lagune de Jökulsarlón http://www.espritrando-reflexphotos.org/islande-album-photos-lagune-de-jokulsarlon.html

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De retour à Reykjavik, nous déambulons dans les rues de la capitale islandaise et rejoignons en soirée note auberge.

Désertant le dortoir, je me retrouve seul avec ma petite fée. Nous échangeons alors de longs baisers. Une coulée de vie puissante s'est aussitôt répandue dans tout mon corps. Je me suis mis à chantonner de plaisir.

Alors, j'ai fermé les yeux pour savourer cet instant et je lui ai découvert un goût d'évidence. Je vais vers une naissance.

Je reviens d'une terre de l'extrême, une terre de contrastes où à chaque instant on s'émerveille de la grandeur des paysages. Un terre qui ne peut inspirer que des sentiments entiers.

J'y ai trouvé l'amour... Pour moi, demain est plein de promesses.

 

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