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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:03

    Egypte desert blanc-194Données du trek

Le désert blanc se situe dans le désert lybique égyptien. Il niche entre l'oasis de Bahariya et l'oasis de Farafra.  

Un petit espace de 60 kms sur 60 kms au charme fou.

Son paysage unique d'une blancheur immaculée, ses blocs de calcaires aux formes tout aussi surprenantes l'une que l'autre en font une véritable perle des déserts, un musée de l'immaginaire... La nature s'exprime ici dans toute sa splendeur. Elle nous invite à la contemplation béate. Ce trek d'une petite semaine fut l'occasion rêver pour renouer avec l'essentiel. Loin de l'agitation de nos villes, il offre une pincée de liberté dans nos vies barbelées.

 

Albums photos

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Le fil du trek au jour le jour

 

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Dimanche  :  Le Caire - désert blanc

8h30 : C'est le premier jour de la semaine. Les cairotes sont englués, comme chaque jour "travaillé", dans une circulation dense. Je me trouve au milieu d'une véritable jungle urbaine. Le flot de véhicules dépassent l'imagination. Les trois ou quatre voies tracées au sol accueillent allègrement six ou sept files de voitures qui se faufilent et se frolent au rythme des klaxonnes incessants. Les piétons qui réussissent à traverser la chaussée réalisent un véritable exploit. D'ailleurs, la signalétique des feux de circulation représente la silhouette d'un piéton qui court... Hilarant ! Le périphérique parisien n'est rien comparé au spectacle qui se joue sous nos yeux. Je suis bien heureux de ne pas être à la place d'Ahmed, mon chauffeur. Nous réussions finalement à rejoindre le site des pyramides de Gizeh et du Spinx. Une petite halte incontournable pour admirer l'une des sept merveilles du monde avant de prendre la route des oasis.

Le site est quasi désert, une aubaine, quand on connait l'afflux touristique du lieu. Suite à la révolution du début d'année 2011, l'égypte a perdu 90% de touristes et je susi l'un des premiers à regagner le territoire égyptien.

Je prends le temps d'admirer l'immensité , la perfection, le génie architectural de Kheops, Khephren, de Mykérinos et du Sphinx. Nous sommes très sollicités par les vendeurs ambulants et il faut répéter de nombreux Chokran et faire preuve de fermeté pour éloigner les assaillants.

Je rejoins ma Dream Team dans le hall d'entrée de l'hotel Santana un peu avant et nous nous organisons pour rejoindre les portes du désert Blanc.

Le reste de la journée est essentiellement consacrée au transport. Nous devons effectuer plus de 500 kms pour rejoindre le point de départ de notre trek.

5 heures de route pour rejoindre Sahara Camp (une auberge de jeunesse aux petites maisons en palmiers au charme incontestable). Nous partageons un nouveau repas : C'est mon troisième depuis le matin. (il est 17 heures 00) puis nous reprenons la route.

Un nouveau plein de gazole à 0,13€ le litre, puis deux nouvelles heures de transport pour arriver vers 20h30 aux portes du désert blanc.

Mohamed, Sala, nos chameliers accompagnés de deux chamelles, Amer, notre cuistot, nous attendent sur le bord de la route. C'est dans la nuit, à la lampe frontale, que nous gagnons en une petite demi-heure de marche notre premier bivouac pour passer notre première nuit à la belle étoile au coeur du désert blanc.

 

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Lundi : 1ère journée de marche : des paysages époustoufflants qui changent à pas d'homme ...

Levé à l'aube. Extraordinaire !

Nous découvrons à la lueur du jour un paysage époustouflant, magique. Nous nous trouvons au milieu d'un décor lunaire, fantasmagorique peuplé ici où là d'excroissances à la blancheur immaculée. Au loin, l'horizon sans limites pour les yeux... Un contraste saisissant face à l'agitation de nos villes.

Nous marchons dans un plateau attaqué par l'érosion. Certaines parties crayeuses très friables sont décimées quand d'autres dont la roche est plus dure, résistent et forment des Inselbergs qui se dressent devant nous... Le plateau est parsemé des roches aux formes plus insolites les unes que les autres qui laissent vagabonder l'imagination. Chacun y voit la réprésentation qu'il veut ! Des blocs sculptés par le vent, tiennent, on ne sait pas bien comment, en équilibre.

Le paysage qui change constamment excite tous nos sens. Certains passages au sol gardent les stigmates d'un passage d'eau.  Sans doute, coulait-il ici un torrent il y a 70 millions d'années.

Tantôt, le sable fin est recouvert de minéraux noirs aux formes diverses (rondes, allongées, en étoiles). Les pyrites et hématites de fer se sont développées à travers le temps et ajoutent encore un peu de magie au désert blanc.

Soudain, une bouche béante percée dans la roche s'ouvre sur un horizon lointain. Je ne sais plus où donner de la tête.  

Nabil nous dégote un petit abri de choix à l'ombre pour le déjeuner. Il commence à faire chaud. Nous resterons à l'abri jusqu'à 15h pour éviter les heures les plus chaudes de la journée. Sieste, lecture, chacun s'adonne à ses petits plaisirs. Je contemple les chameaux, ces compagnons de route placides et silencieux à l'air ébahi, particulièrement cocasses. Puis, je défis le thermomètre pour effectuer quelques prises de vues aux alentours.

Nous marchons encore 2h dans l'après midi avant de rejoindre notre second bivouac.

Au total, près de 6h de marche tranquille pour ce premier jour de trek

Un karkadé (Infusion à l'Hibiscus) accompagné de quelques biscuits aux figues nous attendent au campement. Un délice !

Le coucher de soleil apporte encore son éclat de beauté. La lumière et ses contrastes saisissant nous joue un nouveau spectacle.

Quelques traces éphémères laissées dans le sable roux... Le renard des sables n'est pas loin. Sa curiosité est plus forte que sa crainte. Téméraire il n'hésite pas à s'approcher du campement. Nabil nous conseille d'attacher nos chaussures. Il n'est pas rare que le renard viennent chatouiller les pieds et dévaliser les randonneurs à la nuit tombée.

Puis vient l'ambiance feu de camp...Les repas et les réunions autour du feu sont toujours l'occasion de riches partages.

Et le spectacle continue....Les étoiles embrasent maintenant le ciel. Loin de la pollution lumineuse, la voûte étoilée nous apparaît clairement et petit à petit, perdu dans l'immensité de l'univers, la réalité laisse la place au rêve !

 

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Mardi : Dune, allure d'antartique, théâtre...  

Nous partons un peu plus tôt ce matin.

Nabil repère des traces de gerbie... Un véritable zébulon cette petie boule de poil vu l'éloignement de ces traces ;-)

La journée commence par l'ascension d'une dune qui nous invite à un petit saut de joie et une course folle... Rien de tel pour conserver son âme d'enfant. Nabil en profite pour nous répertorier les différents types de dunes : en demi-lune (les barkhanes), en dos de chameau, en étoile...

Une véritable ambiance d'antartique, s'exclame Andrée. Il est vrai que du haut de la dune, le spectacle est grandiose. Une armée de meringues semblent naviguer sur une mer de sable. Ce labyrinthe de meringue devient bientôt notre terrain de jeu. Nous voilà engagés dans une folle partie de cache cache. Qu'il est bon de rester un enfant !

Un peu plus loin, une chamelle a perdu son chargement de bois. Mohamed s'active pour remettre tout en ordre. Le temps de faire une petite pause et de déguster quelques dates. Il est marrant d'observer les chameaux qui recrachent les noyaux. Nous poursuivons la route.

Si le sable et la roche font partie du décor principal, quelques seconds rôles font maintenant leur apparition. Quelques végétations parsèment le sol. Une belle occasion pour nous faire découvrir l'art de l'orientation dans le désert. Nabil nous explique que le vent dominant souffle du Nord Ouest. Il nous invite à observer les mini dunes qui se forment aux pieds des végétations... Voilà une bonne façon de ne pas perdre le nord.

Un peu plus loin, Véronique et Nabil tentent d'attraper une mante des sables bien difficile à distinguer lorsqu'elle reste immobile. Lorsqu'elle se met en mouvement, elle fuse... On a l'impession qu'elle vole en razmotte au dessus du sable.

La carcasse étêtée d'un scarabée gise sur le sol. Dans cette espèce, la femelle accouche par la tête : un vrai don de soi !

Le terrain change encore. Des dorsales de craies serpentent au sol. Nos pas écrasent quelques cailloux et morceaux de roches qui s'effritent dans un son cristalin. Chacun de nos pas soulève une fine couche de craie située sous le sable et laisse une empreinte blanche à la surface du sol.

11h30 : Nous atteigons le Frigo : C'est ici le resto indique Nabil. Un immense bloc de craie en forme de préau idéal pour nous abriter des grosses chaleurs des trois prochaines heures et pour partager le déjeuner.

Le vent s'engouffre dans une caresse de fraicheur : un doux contraste avec les rayons du soleil qui nous brûlait la peau il y a encore quelques minutes. hummm !

Dans l'après midi, nous prenons la direction du théâtre, un point de vue idéal sur la dépression que nous avons traversés dans la matinée. Au loin, nous distinguons la dune et la colline où nous avons bivouaqué la veille. Nabil sort le drapeau égyptien et le fait voler au vent. Pour lui, c'est un jour anniversaire. Il ya deux mois, jour pour jour, l'un de ses amis est mort pour la démocratie. Un bel hommage ! La dream team se regroupe autour de nabil pour une photo historique.

Nous rejoignons le bivouac. 5h de marche aujourd'hui.

 

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Mercredi : en route vers le doigt de Dieu  

Nouveau réveil à l'aube. Le vent a soulevé une fine couche de sable qu'il a déposé en ourlets sur le socle de quelques roches de craies. Un contraste sublime qui sollicite le regard. Le paysage est nouvelle fois à couper le souffle. Nous progressons cette fois entre des blocs gigantesques. Le vent a formé une belle dépression aux courbes parfaites autour d'un rocher en forme d'obélisque. Je descends pour effectuer une prise de vue de mes amis randonneurs marchant sur la crête. Véronique s'élance alors dans un saut acrobatique du haut de la dune et s'enfonce dans le sable fin. Instants magiques !

Puis vient un passage tout plat... L'immensité  du désert à perte de vue... Les blocs ont disparus comme par enchantement. Seule au loin, subsiste une obélisque pharaonique : le doigt de DIEU. Il nous faudra près d'une heure de marche pour rejoindre ce rocher sur lequel nous pique-niquons.

Le vent se lève et se met à souffler en rafales qui s'engouffrent dans notre abri. Les affaires s'envolent... Une tempête !  Non, les tempêtes sont bien plus terribles nous assure nabil. Le vent te cingle la peau à te faire saigner....  

Je profite du temps de sieste pour dévorer "l'échapée belle" d'Anna GAVALDA que Philippe m'a prêté pour l'occasion.

L'après midi : Nous traversons  un terrain parsemé de végétations. L'halfa nappe le sol. C'est une plante herbacée piquante. Elle indique incontestablement la présence d'une nappe phréatique en sous-sol. Plus loin, une colline qui s'est formée grâce aux racines d'un tamaris qui culmine en son sommet confirme cette idée. La végétation appelle la présence animale : des traces multiples jonchent le sol : scarabées, scorpions, lézards des sables, vipères à cornes... Nabil, en fin connaisseur, transforme le sable en tableau noir et nous présente les principales traces laissées par les espèces qui vivent dans le désert blanc.

Nous atteignons la route des oasis que nous traversons pour rejoindre le côté Est du désert blanc. Une petite halte à un point d'eau pour abreuver les chamelles. L'occasion aussi pour l'équipe de se rafraîchir en s'aspergeant des litres d'eau sur la tête.

 

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Jeudi : Gedida : La blancheur éclatante du nouveau désert blanc  

Départ à l'aube. C'est la journée la plus longue a prévenu Nabil. Andrée et Victor, un peu fatigués par les journées précédentes feront l'étape matinale en 4x4 et nous rejoindrons pour le repas du midi.

Ce matin le soleil est voilé... Le signe d'une grosse chaleur indique nabil.

Cette partie du désert blanc est plus touristique, nous trouvons un peu plus de déchets. Nabil s'arrête pour bruler un carton après s'être assuré qu'un serpent ne se trouvait pas en dessous... nous ramassons quelques canettes en fer et même une culotte abandonnée ici par une randonneuse. Les mouches ont fait leur apparition. Je suis bien content de ne pas porter un Tshirt jaune ou orange.

Nous pénétrons dans le Gedida : le nouveau désert blanc. Les blocs moins friables sont encore plus blancs. Des formes de vagues de calcaires ondulent au sol et sont couverts de fossiles marins de mollusques, crustacés, oursins, algues et récifs coralliens.

Nous atteignons le champigon géant, emblème du désert blanc. Il fait très chaud, plus chaud que ces derniers jours. J'ai entièrement vidé ma poche à eau... Une grosse boule de glace vanille, nappée de caramel brun... La roche devient mirage, hallucination : un délice pour les yeux. J'ai soif !

Nous gagnons enfin le camp pour le déjeuner. Sala s'active à préparer la pâte pour le pain pendant que Nabil et Mohamed prépare de la crème se cezane, de la crème d'aubergine et des fèves. Des guides, chameliers, cuisiniers magiciens qui au coeur du désert mijotent des petits plats tout aussi succulents les uns que les autres.

Andrée nous partage les aquarelles qu'elle a peinte pendant le séjour. Superbe !

Nous gagnons notre dernier bivouac après 2h30 de marche l'après midi. Je m'allonge dans mon duvet. Au dessus de mes yeux : la constellation du gémeau, le cocher, le taureau. Un peu au dessus sur droite Percée... Je m'endors avec de beaux rêves plein la tête.

 

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Vendredi : dernière foulée dans le désert blanc et retour au Caire  

Nabil dessine sur le sable la carte du désert blanc. Il indique les Waypoints qui ont jalonnés notre trek. Une petite heure de marche pour rejoindre la route des Oasis. Les adieux à l'équipe des chameliers et cuistot. Une dernière peite photo du groupe. Un petit bain dans des sources chaudes et une bonne douche nous reprenons la direction de l'Oasis de Bahariya pour une bonne douche, une bonne bière, un bon repas... Pusi c'est l'interminable route pour rejoindre Le caire.

 

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Un très beau trek, pas très difficile... Des paysages somptueux, un guide remarquable. Une belle équip... Une belle tranche de vie !  

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commentaires

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