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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:00

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Climat subtropical, végétation luxuriante, littoral escarpé, précipices, pics altiers, vallées encaissées, chemins accidentés de montagne, levadas, Madère possède de nombreux atouts, des paysages sauvages diversifiés qui en font un véritable paradis terrestre pour le randonneur. Recouverte au deux tiers de forêts, elle ressemble à une montagne verte, un jardin qui flotte sur l'océan.

Je profite d'une semaine de congés avec mes filles : Manon et Morgane pour organiser un trek sur les sentiers de Madère et goûter aux multiples charmes de l'île.

Les premières étapes nous permettront de découvrir le littoral et ses hautes falaises qui se jettent à pics dans l'océan. Nous foulerons ensuite les sentiers de levadas. ces canaux d'irrigation de l'île offrent de magnifiques balades au travers de tunnels creusés dans la montagne. Nous terminerons enfin par deux étapes difficiles de hautes montagnes.

 

Albums photos

Pointe de Sâo Lourenço : Madere---Sao-Lourenco Madere---Sao-Lourenco

Levada de canciçal : Madere---levada-de-canical Madere---levada-de-canical

La caldeirao Verde : Madere---la-Caldeiro-Verde Madere---la-Caldeiro-Verde

La levada do Norte : Madere---levada-da-norte Madere---levada-da-norte

L'ascension du Pico Grande : Madere---Pico-Grande Madere---Pico-Grande

Le pico Ruivo par le pico Arieiro : Madere---Pico-Ruivo Madere---Pico-Ruivo

 

 Organisation, équipement

 

Pour préparer ce trek, j'ai utilisé les guides suivants :

  • ROTHER Guide de randonnées. Madère Les plus belles randonnées de levada et de montagne
  • SUNFLOWER BOOKS Madère randonnées et excursions
  • Le petit futé Madère
  • La carte Madeira Tour & Trail 1:40000 (New 6th Edition)
  • Internet pour m'inspirer des treks proposés par les principales agences de trekking et pour la recherche des hébergements
  • Les horaires de bus de la compagnie de transport SAM http://www.sam.pt/carreiras-regulares/horários.aspx
  • La compagnie aérienne Tap portugal http://www.flytap.com/France/fr/PageDAccueil

Concernant l'équipement, outre les habits classiques de randonnées :

  • De bonnes chaussures de marche notamment pour les sentiers de montagne très exigeants
  • Une lampe frontale est indispensable. Les levadas passent sous de nombreux tunnels dont certains font quelques centaines de mètres.
  • Une boussole
  • Une cape de pluie. Le temps peut changer très vite à Madère
  • Un coupe vent et une polaire pour la pointe de Sâo Lourenço exposée plein vent et pour les montagnes.

Le trek au fil des jours

 

Jour 1 : Un atterrissage impressionnant, une belle frayeur

Départ de Paris Orly terminal Ouest ( vol Tap Portugal TP443) à 10h35 à bord d'un A319. Atterrissage à Lisboa à 12:00 (heure de Lisbonne -1h00 par rapport à Paris)

Transfert au terminal 2 de Lisbonne et départ à 14:30 (vol Tap portugal TP1627) pour un atterrissge à 16:30 à l'aéroport international de Madère à proximité de Santa Cruz.

L'atterrissage est impressionnant. La courte piste est construite en partie sur la mer. L'avion réalise un premier passage ce qui nous laisse le temps d'admirer la minuscule piste d'atterrissage ainsi que la pointe de Sâo Lourenço. Il effectue alors un demi-tour pour s'aligner dans l'axe de la piste et là, on commence à avoir très peur... Le vent souffle fort ici. Les ailes quitte le plan horizontal et l'avion bascule de droite à gauche pendant toute l'approche... quelques rumeurs et petits cris se font entendre ajoutant un peu d'angoisse. Lorsqu'il est dans l'alignement de la piste, l'A319 entame une descente brutale vers la mer. Crispés, arnachés à nos accoudoires, le brouhaha devient encore plus inquiétant. Ma voisine fait un signe de croix... Ca y est, l'avion vient de toucher le sol, il freine brutalement... On voit passer l'aérogare sur le côté, puis plus rien, où du moins si de l'eau. Nous sommes sur le bout de piste sur pilotis.L'avion stoppe enfin... Le silence de mort fait place à un tonnerre d'applaudissements et d'acclamations. Ouf !! L'avion effectue un demi tour pour nous déposer à l'aérogare. Un beau moment de frayeur. Mieux vaut être prévenu à l'avance. L'atterrissage à Madère est considéré comme l'un des plus difficiles à cause du vent.

Après avoir récupéré nos bagages, nous louons les services d'un taxi qui nous mène à Machico (5 minutes de l'aéroport) pour rejoindre notre premier hébergement : Residencial AMPARO où nous resterons deux nuits.

 

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Jour 2 : La spectaculaire côte rocheuse de Sâo Lourenço

 

La pointe de Sâo Lourenço est une presqu'île située à l'extrème Est de l'île de Madère. Battue par un vent fort, quasiment dépourvue de végétation, elle semble désertique et contraste complètememt avec la majeure partie des sentiers de l'île si recouverts de verdure.

Départ : Baie d'Abra accessible via le bus n°113 en partance de Machico

Distance : 8,5 kms

Temps de marche : environ 3h

Dénivelée :  180m de dénivelée positive

Difficulté : Facile à moyen. Randonée sur des sentiers rocailleux. Les passages virtigeux sont sécurisés. Le vent souffle fort. Il faut avoir le pied sûr.  La montée est raide pour atteindre le pico do furado

Lien vers l'album photos : Madere---Sao-Lourenco Madere---Sao-Lourenco

Le fil de la rando :

Nous partons de notre hôtel situé à Machico à 8h30. Nous dégôtons un petit commerce à proximité, dans lequel nous achetons le necessaire pour notre pique-nique et rejoignons le terminal central des bus. A 9h20, nous montons dans le bus n°113 (1€30 le ticket) en direction de la Baie d'Abra.

A la descente de bus, nous constatons que ce parcours de randonnée est très prisée. le parking est rempli de voitures et de bus de tourisme. Une pancarte donne des informations sur l'itinéraire et sur les particularités de la presqu'île. Nous empruntons un peu plus loin le sentier PR8 en direction Cais do Sardinho. Le sentier descend dans la vallée et rejoint un chemin fait de madriers. Le ciel est très couvert. La brume nous recouvre d'un seul coup et une pluie fine nous asperge... Vite les kway !!

Nous distinguons la presqu'île tendue comme un doigt dans la mer. Au loin, un rocher percé au dessus des flots avec, le surplombant, le sommet de l'imposant pico do Furado (le "percé"). Le sentier rocailleux alterne entre montées et descentes avec des passages très exposés au vent. La pluie fine qui tombe fortement a vite fait de nous détremper. Au bout de 15 minutes de marche, nous croisons un autre sentier. Le chemin qui descend à droite, rejoint la plage pierreuse d'une baie. A gauche, il mène à une très belle vue panoramique de la côte déchiquetée. Nous rejoignons le sentier principal, débute alors une montée courrte mais raide. Nous évoluons maintenant sur une crête rocheuse sur un chemin pavé en escalier sécurié par une clôture et gagnons une nouvelle vue panormaique sur les rochers hippocampes et leurs teintes rouge pourpre qui contrastent avec les bleus de l'océan.

Nous atteigons assez vite le pont de terre, un étroit passage de quelques mètres de large seulement. Le rocher plongent de presque 100m à la verticale des deux côtés. Dans l'océan, une station piscicole circulaire flotte au large.

A un croisement, une pancarte d'informations nous renseigne sur les principaux points d'intérêt à ce niveau de l'ile. Je nomme ce pont le point A. Au loin, en face, la Casa do Sardinha, entourée  d'une palmeraie, fait figure d'oasis dans cet univers aride au couleurs rouille et jaune curry. Nous prenons le sentier à droite. Le soleil fait quelques percées et de belles parties de ciel bleu écartent maintenant les nuages. Nous faisons un petit détour par le Cais do Sardinha. le lieu est très prisé, une horde de baigneurs plonge ici dans l'océan. Un petit espace permet de planter deux ou trois toiles de tentes.

Après avoir rejoint la maison des gardiens (Casa do Sardinha), nous attaquons la difficile ascension du Pico do Furado. Le radillon est réservé aux randonneurs chevronnés. Des marches facilitent la rude ascension. Morgane souffre dans la montée mais le spectacle en haut, est comme toujours récompensé. Depuis le pic oriental, nous pouvons jouir d'une belle vue jusqu'au phare sur l'ilhéu do farol, le point le plus à l'est de Madère..

Nous regagnons la maison des gardiens et prenons le sentier à droite.On bascule dans un univers de roches colorées passant de l'ocre au rouge. Des strates se dessinent sur les falaises, les coulées de laves attestent que nous sommes bel et bien sur un volcan. Nous rejoignons le point A dénommé tout à l'heure. Le temps se dégrade à nouveau et c'est sous une pluie forte, mouillés des pieds à la tête, que nous regagnons la baie d'Abra.

Nous devions regagner Pedra do passaro à Caniçal par le bus 113 et rejoindre Machico à pieds par un chemin côtier. Mais le temps m'en dissuade. Nous renonçons. Nous ferons le trajet complet en bus jusqu'à Machico.

Nous dînons le soir  à l'hôtel. Un incontournable et succulent bola do caco, une soupe de tomate, une imposante brochette de boeuf accompagnée d'une myriade de légumes et une salade de fruits.

 

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Jour 3 : Machico - Pico Do Facho - Levada de Caniçal - Boca do risco - Maroços - Santana  

J'avais d'abord prévu de rejoindre Boca do risco en partant de Machico et d'emprunter le sentier vertigineux de la côte nord jusqu'à Porto da Cruz mais la personne de l'hôtel me signale que certaines parties du sentier ont carrément disparues en raison d'un glissement de terrrain. Le sentier est officiellement fermé. Nous devons changer nos plans. Nous empruntons finalement la levada de caniçal jusqu'à Maroços.

8h30, le taxi qui transporte nos bagages jusqu'à Santana et devait nous récupérer à 17h30 à l'église de Porto Da Cruz arrive. Il transporte toujours nos bagages jusqu'à Santana mais je lui demande de nous récupérer à 16h à Maroços au bout de la levada de caniçal. Le chauffeur parle très bien français. Tout va bien...

Départ : Centre de Machico

Distance : 17,5 kms

Temps de marche : 4h (+ 1h06 d'arrêts cumulés)

Dénivelée : 560 m positive

Difficulté : facile

Lien vers l'album photos : Madere---levada-de-canical Madere---levada-de-canical

Le fil de la rando :

9h30, après un passage chez l'épicier pour confectionner nos sandwichs, nous quittons MACHICO en montant par des petites rues en pentes raides en direction de l'école : le batiment le plus haut tout en longueur sous le pico do Facho. La dernière ruelle conduisant à l'école abrite une jolie petite maison au toit de chaume au début de la rue sur notre gauche. Arrivé à l'école, nous prenons l'escalier qui longe le mur à droite et entâmons ici le sentier qui monte en lacets jusqu'au mont Facho. Manon assure le train. Morgane a beaucoup de mal dans la montée. Je la motive. C'est la principale difficulté de ce parcours du jour. Le mont Facho et ses antennes n'est pas très esthétique mais il offre une très belle vue sur le village de Machico d'une part et sur la pointe de Sâo Lourenço d'autre part.

En haut du mont Facho, nous prenons la route goudronnée à gauche qui descend jusqu'au tunnel de caniçal. C'est là que débute la levada de caniçal. Nous la suivons à contre courant. Nous randonnons alors tranquillement pendant 3/4 d'heure sur un chemin de terre confortable bordé de mimosas. l'arbuste, très présent ici embaume notre promenade.

Nous débouchons sur de superbes jardins verdoyants. Aménagées en terrasses, soutenues par des murets de pierres sèches, les pentes accueillent toutes sortes de cultures favorisées par la terre volcanique très fertile et par la douceur du climat. J'aime contempler ses petits jardins de nature.

Une petite cabane de jardin en tôle rouge semble barrer le chemin. Une vingtaine de mètres après la maisonnette, un sentier indique à doite Vereda Boca do risco. Nous avons tout le temps d'effectuer l'ascension vers le col. Au bout de 30 minutes de montée, nous atteignons Boca do Risco. Le vent souffle fort sur le point culminant. Je réalise quelques photos de la côte Nord. Un groupe de trekkeurs compatriotes français (nous en avons croisé beaucoup pendant notre séjour à Madère) nous confirme que le sentier qui mène à Porto Da Cruz a disparu lors d'un glissement de terrain. Il serait kamikaze de le parcourir. Nous redescendons par le même chemin qu'à l'aller pour rejoindre la levada de caniçal. Nous traversons alors plusieurs vallées en alternant entre les terrres cultivées avec une population dense et les vallées calmes et profondes où la nature est encore vierge. Après la luxuriante vallée de Ribeira Seca, vient la reposante vallée de Ribeira Noa, puis la Ribeira Grande qui nous offre de belles vues sur Machico et sur le Pico do Facho que nous avons franchit le matin. Nous traversons alors un petit tunnel de 25m de long (nul besoin de lampe frontale pour celui-ci). L'ouvrage de l'agriculteur madèrois est de nouveau omni présent. Les palheiros parsèment le paysage et forment des petis îlots  qui se détachent sur le fond vert des vastes cuvettes.  Puis les zones habitées refont apparition. La levada passe à côté d'habitations aux jardins fleuris puis se perd sous des dalles de bétons. Nous arrivons au bout de la levada avec plus d'une heure d'avance sur l'heure de RDV. Un bar : le Calçadinha fait face à la levada. Nous nous installons en terrasse pour siroter deux sodas et une CORAL (bière locale) pour un total de moins de 3€ (le prix d'un grand café crème chez nous).

Le taxi est bien à l'heure et nous conduit à notre hôtel O COLMO à Santana. Nous y séjournerons deux nuits. Santana est réputé pour ces petites maisons traditionnelles au toits de roseaux. L'une de ces petites maisons pittoresques est construites au pied de l'hôtel.

Nous achetons de quoi confectionner nos sandwichs pour le lendemain.

Nous dînons à l'hôtel un très bon filet d'espada...des plats très et trop copieux... Une tradition à Madère. Il faut être un ogre pour finir les portions servies.

 

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Jour 4 : La caldeirao Verde : la nature luxuriante... Une ambiance "petite jungle"

Une randonnée spectaculaire. l'un de nos coups de coeur. L'eau a forgé au fil du temps des gorges impressionnantes et est aussi à l'origine de la végéttion luxuriante à feuilles persistantes, pareille à une jungle. La levada est en partie façonnée dans la paroi rocheuse.

Départ : Rancho Madeirens

Distance : 19 kms

Temps de marche : 4h (+ 1h49 d'arrêts cumulés)

Dénivelée : 196 m positive , 700m négative

Difficulté : Moyenne, passages étroits, humides et glissants. Lampe frontale obliatoire

Lien vers l'albulm photos : Madere---la-Caldeiro-Verde Madere---la-Caldeiro-Verde

Le fil de la rando :

8h30. Le taxi nous récupère à l'hôtel et nous dépose une vingtaine de minutes plus tard au parking de Rancho Madeirense.

Nous laissons à gauche la maisonnette de Santana au toit de roseaux. La brume qui enveloppait le paysage s'estompe petit à petit pour laisser apparaître un ciel dégagé. Morgane contemple le parcours qui nous attend sur le panneau d'affichage en début de circuit. Nous suivons la levada bordées de magniques hortensias jusqu'à la maison forestière de Queimadas. Un nouveau panneau d'indication nous informe sur le sentier PR9 que nous allons emprunter.

Le chemin se rétrécit maintenant. Des passages avec des pics allant jusqu'à 100 m borde la lévada mais la végétation très dense attenue l'effet de vertige. La paroi rocheuse où a été creusé la levada regorge d'arbres et d'arbustres qui ont réussi à s'agripper à la falaise. L'eau ruissèle sur la paroi rocheuse, suit les branches et nous asperge ici où là : un bel effet brumisateur. Un petit escalier se fait maintenant apercevoir sur la droite. Il faut imprérativement le prendre afin d'éviter une portion très glissante de la levada. Nous passons en dessous de ce passage délicat et rejoignons la levada au bout d'une cinquantaine de mètres. Celle-ci pénètre ensuite dans une vallée latérale et franchit une petite gorge par un pont. Une cascade se jette ici depuis une hauteur de 50m.

Un premier tunnel d'une dizaine de mètres de longueur marque le début d'une série de quatre  jusqu'à Caldeirao Verde. Si celui-ci ne demande pas de lampe frontale, il n'en est pas de même pour les suivants qui sont nettement plus longs et plus étroits.

Nous atteignons l'entrée du second tunnel. Juste avant, un croisement indique la direction de Ilha. C'est ce croisement que nous rejoindrons plus tard pour prendre la direction d'Ilha. Pour l'instant, nous continuons en direction de Caldeirao Verde.

La lampe frontale est indispendable. Le tunnel humide mesure près de 200m de long. Sans lampe, c'est le noir total. Nous suivons la levada, notre fil conducteur en évitant les flaques au sol. Aie !... le dessus de mon crâne vient de heurter violemment le haut du tunnel dont la hauteur vient de diminuer subitement. Nous poursuivons, le dos courbé, en priant de ne croiser personne.

A peine réhabitués à la lumière du jour, nous franchissons un troisième tunnel qui possède une entrée large mais qui s'avère vite étroit et bas. Heureusement qu'il ne pleut pas. Ce tunnel a une particularité désagréable. Il peut y avoir 10 cm d'eau au sol après de fortes précipitations. Après un 4ème tunnel court, la levada pénètre dans la gorge grandiose de Ribeira Grande. De belles percées dans la végétation offrent de superbes vues sur les montagnes. Une quinzaine de minutes après le dernier tunnel, nous quittons la levada pour un chemin rocailleux pour nous retrouver au milieu du chaudron vert : la calderirao verde : un cirque impressionnant aux parois montant à la verticale vers le ciel. Une cascade remplit un étang au pied de la falaise. Superbe ! Nous savourons seuls ce spectacle. Après une petit 1/4 d'arrêt en ce paradis, je propose à Manon et Morgane de poursuivre la rando jusqu'à Caldeirao Inferno : un parcours indiqué comme excitant et exigeant par tous les guides de randonnées de Madère. Un aller/retour de 2h. Je comprends assez vite que ce changement de programme de dernière minute ne leur sied guère. N'exigeons pas l'impossible ! Je m'incline. Nous prenons le chemin du retour pour rejoindre l'intersection vers Ilha que nous avions atteint plus tôt le matin. Le retour est plus délicat. Entièrement seuls à l'aller (nous étions partis tôt le matin), nous croisons énormément de groupes. portugais, français, américains... Pas facile de se croiser sur les étroits sentiers de levada, encore moins dans les tunnels. Il faut être un véritable acrobale pour ne pas finir les pieds dans l'eau.

De retour à l'intersection, nous prenons la direction du sentier de Ilha et 20m plus loin le sentier de randonnée PR11. On ressent maintenant la chaleur. C'est une belle journée, il fait chaud, mais dans la Caldeirao Verde, nous étions bien au frais. Nous nous arrêtons pique niquer à la croisée d'un chemin  indiquant posto florestal Vale da lapa. Après le déjeuner, nous laissons cette direction pour descendre tout droit sur Ilha (balisage rouge et jaune). Des marches fabriquées avec des rondins de bois apparaissent. Attention, le sentier est glissant. Le sentier devient une piste plus large. Dans une épingle vers la droite de la piste, nous quittons celle-ci pour un sentier qui descend vers la gauche. Nous croisons une autre piste. Nous continuons tout droit (panneau pico ruivo dans notre dos). Nous rejoignons encore une nouvelle piste qui plonge vers l'océan, puis une petite crête, pour reprendre un sentier qui descend en pente raide jusqu'à la route. Nous passons le Miradoura Cabeço do Resto d'où nous apercevons l'église d'Ilha. C'est là que se trouve l'arrêt du bus local que nous devons prendre pour nous ramener à Santana.

14h45, le bus de 14h30 n'est toujours pas passé. Je m'inquiète. Une habitante du village vient nous parler dans un anglais impeccable. Nous sommes le 15 Août. Il n'y a qu'un seul bus à 17h... Oups ! On crève de chaud. Nous n'attendrons pas 17h. Je remonte au bar du village. Un large sourire, quelques gestes pour compenser mon déficit dans la langue portugaise, la patronne du bar appelle un taxi qui nous cueille une vingtaine de minutes plus tard.

 

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Jour 5 : La levada do Norte

 Une petite randonnée aujourd'hui sans grande difficulté avant les deux prochaines journées de montagne. L'intérêt de cette lévada réside dans ces six tunnels dont quatre font plusieurs centaines de mètres avec des passages très étroits.

Départ : Pied de Bica da Cana

Distance : 18 kms

Temps de marche : 3h45 (+ 1h30 d'arrêts cumulés)

Dénivelée : 195 m positive

Difficulté : Moyenne, passages étroits dans six tunnels. Lampe frontale obliatoire

Lien vers l'album photos : Madere---levada-da-norte Madere---levada-da-norte

Le fil de la rando :

9h : Nous partageons notre transporteur avec un groupe de quatre américains que nous laissons à Boa Ventura. Plus d'une heure de route pour rejoindre le point de départ de la rando : le plateau de Paul da Serra.

Le taxi nous dépose tout près d'un champ d'éoliennes et va déposer nos bagages à l'hôtel Residencial Encumeada, terme de notre randonnée du jour.

Nous franchissons une chaîne qui barre le passage pour monter au belvédère de Bica da Cana situé à 1620m d'altitude et pour profiter de la vue sur le massif central. Nous sommes au dessus des nuages. Nous redescendons du belvédère pour prendre à droite de la chaîne un petit sentier qui nous mène dix minutes plus tard et plus bas à une intersection. Nous prenons à gauche la direction Nord-Ouest. Le sentier est balisé blanc et rouge. C'est le chemin des papillons s'exclame Manon. Il est vrai qu'une multitude de papillons virevoltent autour de nous et accompagnent notre descente. Le petit sentier se déverse sur une large piste rocailleuse. Nous sommes à 1300 m d'altitude. Le chemin monotone s'avère très glissant. Nous progressons au prix de nombreux dérapages plus ou moins contrôlés. Manon chute en fin de piste et s'abîme l'avant bras et la cuisse. Je sors la trousse de secours pour nettoyer les plaies. Au bout d'1h33 de marche (6kms770), nous rejoignons une maison au toit vert située à 1028m d'altitude qui marque le début de la levada do Norte. Le chemin devient beaucoup plus intéressant. Nous suivons la levada sur notre droite sur un chemin de 40 à 50 cm. A gauche : le vide. Mieux vaut ne pas avoir le vertige. A un petit tunnel, succèdent ensuite 5 autres tunnels dont quatre très impréssionnants qui font plusieurs centaines de mètres de longs. Je suis impressionné par le génie des hommes qui ont réussi à batir ici de tels ouvrages. Le sol est glissant. Par endroit, nous marchons dans des flaques.. Certains passages sont très étroits : nos deux pieds tiennent à peine sur l'étroit sentier et il faut faire preuve de beaucoup de concentration pour ne pas chuter dans la levada. Pour compliquer un peu le tout dans le 4ème tunnel, nous sommes aspergé d'eau froide qui s'écoule de la paroi. Dans le sixième et dernier tunnel, l'eau passe à main gauche. A sa sortie la levada do Norte s'arrête, un chemin à gauche descend vers la route qui rejoint à droite notre hôtel. Il est encore tôt, je décide de poursuivre la balade en empruntant la levada de rabaças. Un panneau indicateur attire notre attention sur les chutes de pierres fréquentes à cet endroit. Une petite heure trente en aller/retour avant de rejoindre l'immense residential d'Encumeada où nous dînerons et dormirons cette nuit.

 

 

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Jour 6 : De boca da Corrida au Pico Grande jusau'a Curral das Freiras

Une randonnée grandiose à caractère alpin. Le pico Grande fait partie des dix sommets les plus élevés de Madère, mais sur le plan du degré de difficulté de l'ascension et de la qualité du panorama, il est certainement l'un des plus intéressants.

Nous l'avons effectué par temps ensoleillé avec une très grosse chaleur.

Départ : Parking de la maison forestière de Boca da Corrida

Distance : 9kms500 kms

Temps de marche : 3h (+ 1h02 d'arrêts cumulés)

Dénivelée : 680 m positive et plus de 1000 m à la descente

Difficulté : Difficile, expérience alpine requise, descente en pentes très raides vertigineuses

Lien vers l'album photos : Madere---Pico-Grande Madere---Pico-Grande

Le fil de la rando :

Départ 8h30 de Encumeada. Notre taxi nous dépose au parking de Boca da Corrida 35 minutes plus tard. Il déposera nos bagages à l'hôtel Residencial Do Vale à Funchal où nous séjournerons les deux dernières nuits.

Du parking de la maison forestière, nous suivons le chemin pavé montant vers la montagne. Nous continuons à mi droite par quelques marches raides. Nous avons déjà une très belle vue sur nos objectifs du jour. Devant nous, le pico Grande haut de ses 1655m tandis qu'en bas à droite, dans le cirque, se trouve le but de notre randonnée : Curral das freiras : la vallée des religieuses. Le chemin passe de l'autre côté de la crête, avec cette fois une vue sur le col d'Encumeada. Manon reconnait notre imposant hôtel de la nuit dernière. De retour sur le côté de Curral, nous passons à côté de l'embranchure de Boca dos Corgos et nous montons par le passo des ares. Au niveau de Boca do Ceiro, il faut faire attention de bien prendre le chemin qui se détache à droite sinon on part en direction de Encumeada. Quelques dizaines de mètres après avoir pris ce sentier, le chemin se divise. A gauche débute l'ascension du Pico Grande. A droite c'est la descente vers Curral. Nous prenons le chemin du Pico Grande et attaquons la rude ascension. Nous atteignons assez vite un passage très déliquat. Un câble mettalique fixé par un mousqueton signale le passage. Pendant près de 15m, nous gravissons un passage très exposé. Je surveille de près Morgane. Deux minutes plus tard, nous franchissons un autre passage difficile en empruntant des marches creusées dans la roche jusqu'à une plateforme panoramique. Le raidillon bifurque maintenant à gauche. Des cairns permettent de s'orienter mais le chemin se dégage nettement. La pente est raide. Morgane souffre énormément. Elle veut arrêter l'ascension. Elle a le souffle coupé. Nous nous arrêtons quelques instants. Je lui fait avaler un gel coup de fouet et l'accompagne dans les dernières pentes pendant que Manon file devant. Le sentier se dirige alors vers la forteresse rocheuse dentelée et rejoint des dalles rocheuses lisses. Encore un petit effort, il nous reste une centaine de mètres de dénivelée. Manon atteint une terrase située sous la tête rocheuse du Pico Grande. Elle lève les bras en signe de victoire. Nous la rejoignons une dizaine de minute plus tard à1635 m d'altitude... Morgane s'effrondre. Elle n''ira pas plus haut. Il nous reste 20 m d'ascension pour atteindre le sommet et pas les moindres. Les derniers mètres s'apparentent à de l'escalade. Un câble mettalique sur la droite nous permet de franchir un couloir d'environ 6m de long. Je range l'appareil photos dans mon sac à dos pour terminer l'escalade et gagner le sommet du pico Grande à 1654m. Manon et moi avons atteint le sommet après 1h35 de marche (+35 minutes d'arrêts cumulés). Un petit signe à Morgane plus bas qui se détend et reprend des forces en avalant une barre de céréales.

Après une descente héroïque par le même chemin qu'à la montée, nous regagnons le croisement plus bas et prenons cette fois la direction de Curral. S'en suit une descente infernale, perilleuse, vertigineuse, glissante à flanc de montagne. 45 minutes pendant lesquels nos réflexes et nos quadriceps sont mis à rude épreuve. En plus, il fait très chaud, on dégouline de partout.

Nous venons finalement à bout de cette descente et gagnons le hameau fajas das cardos. Il est près de 14h. L'arrêt de bus indique les prochains passages de bus pour Funchal à 14h30 ou 16h15. Nous attendons le bus en plein cagnard. 14h45, toujours rien... Les filles s'impatientent. Nous croisons enfin un être humain. Une femme qui parle portugais. Je prends un papier et un crayon pour communiquer... Je comprends que le bus part de Curral à 14h30 , fait un petit tour et revient là où nous sommes vers 15h. nous patientons. 15h05, le bus arrive à grande allure. Je fais un signe de la main pour l'arrêter. Près de 3€ le ticket, de nombreux virages plus bas et près d'1h15 plus tard nous gagnons Funchal, la capitale de Madère. Nous descendons au terminus des bus et devons maintenant trouver notre hôtel. Il est un peu décentrer et il nous faut près d'1/2 heure pour le rejoindre en sillonnant des ruelles à pentes raides. Les esprits s'échauffent un peu. On en a tous plein les pattes. Une bonne douche va faire du bien à tout le monde.

Nous dînons le soir au centre de Funchal au restaurant A PIPA  rue da queimada à proximité de la cathédrale. Raisonnable.

 

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Jour 7 : Du Pico do Arieiro vers le Pico Ruivo et le retour par Curral

Une randonnée royale sur le toit de Madère. Le sentier relie les trois sommets les plus élevés de l'île. Pour cette randonnée, mieux vaut se lever tôt, car souvent les nuages entourent les cimes dans du coton dès le milieu d'après midi.

Départ : Parking du Pico Arieiro

Distance : 16 kms

Temps de marche : 3h45 (+ 2h07 d'arrêts cumulés)

Dénivelée : 900 m positive et plus de 1400 m à la descente

Difficulté : Difficile, Les montées en pentes raides demandent une bonne condition physique.

Lien vers l'album photos : Madere---Pico-Ruivo Madere---Pico-Ruivo

Le fil de la rando :

Nous rejoignons le parking du Pico Arieiro en taxi.

Il fait frais. Nous montons d'abord au sommet du pico Arieiro (1818m) par un chemin pavé. Des nappes de nuages recouvrent les cimes des montagnes. Nous effectuons la première partie du circuit au coeur de la brume. Le miradoura Ninho da manta qui offre normalement une vue plongeante grandiose sur la vallée ne nous laisse entrevoir qu'une épaisse couche de coton. Par moment la brume se lève et nous laisse apercevoir le chemin entre deux ravins. Les montées et les descentes se succèdent jusqu'à atteindre une intersection proposant deux itinéraires. A gauche, l'itinéraire occidentale. A droite la route orientale plus longue. Nous optons pour la route orientale. Une montée très raide commence un peu plus loin. Le sentier en partie recouvert de marches, gravit pendant plus de 30 minutes le versant oriental du Pico das Torres. C'est certainement la partie la plus dure de l'ascension. Tout le monde souffre. Nous descendons alors par un sentier pierreux du Pico das Torres. La brume se lève enfin. Le ciel dégagé nous permet de distinguer le sentier au loin jusqu'au Pico Ruivo. Nous contournons plusieurs failles et croisons le tunnel où débouche la route occidentale. Nous sommes à 1590 m d'altitude. Nous prenons à droite et commençons l'ascension du Pico Ruivo. La pente est bien moins rude que le Pico das Torres et nous rejoignons en une trentaine de minutes de montée le refuge du Pico Ruivo. Morgane en a plein les jambes. Elle a mal au ventre. Elle ne souhaite pas poursuivre la dernière étape vers le sommet. Nous la laissons au refuge et entâmons avec Manon les derniers mètres qui nous mènent en une dizaine de minutes au sommet du pico Ruivo (1862m). Trois plateformes reliées par des chemins en madriers permettent une vue panoramique dans toutes les directions. mais les nuages situés en dessous de nous ne nous permettent pas vraiment d'en profiter. Nous redescendons au refuge pour retrouver Morgane et pour pique niquer.

Nous remontons ensuite quelques mètres en direction du sommet du Pico Ruivo pour rejoindre le sentier qui part à l'ouest en direction de Encuemada. Le paysage change complètement. La forêt qui peuplait les pentes des montagnes fait place à un véritable cimetière d'arbres carbonisés... les stigmates du terrible incendie de l'été 2010. Au loin, nous reconnaissons le pico Grande que nous avons gravit hier et qui sort maintenant des nuages.

Nous poursuivons le sentier qui descend d'abord puis remonte pour atteindre le niveau du pico das Eirinhas (1649m). Un peu plus loin, nous empruntons le premier sentier à gauche pour descendre sur Curral das Freiras. Attention ! Ce sentier comporte des passsages très dangereux, impraticables en cas de pluie. Il existe un autre sentier un peu plus loin qui rejoint ce premier en évitant les passages délicats. Nous nous lançons dans cette descente périlleuse en faisant extrèmement attention. Le sol est très glissant. Les passages délicats passés, nous perdons assez vite de l'altitude. Nous accélérons même le pas dans le but de choper le même bus que la veille à 15h. Mais la descente périlleuse et la chute de Morgane nous pousse à ralentir et à redevenir plus raisonnable. Nous traversons maintenant une forêt d'eucalyptus... Hummm..

15h05... Encore quelques mètres à travers les jardins cultivés pour rejoindre le pont du hameau de Faja dos Cardos. Le bus déboule alors que nous sommes au début du pont. Je jette mon chapeau de rage à terre. On va devoir attendre le prochain bus qui passe dans 1h45. Raté de cinq minutes... C'est toujours pareil !!  Nous rejoignons la route. A droite, le bus est stoppé à l'arrêt. Un grand groupe est en train de monter et a immobilisé le car plus longtemps que prévu. Nous reprenons espoir et dans une course folle attrapons in extrémis le bus. Soulagement.... Nous regagnons Funchal à bord d'un bus complètement bondé.

Manon nous dégôte pour le soir un petit restaurant au cadre intérieur séduisant (une terrasse au milieu d'un jardin) pas très cher et très bon (7€ le plat) : le Jardim da Carreira. Nous dégustons des bola do caco et un succulent filet d'espada à la banane.

La semaine est passée très vite. Demain, nous reprenons la route vers la France.

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commentaires

RD 28/10/2012 22:28

...j'avoue, Philippe, que je consulte très fréquemment ton blog qui donne envie d'avoir envie...
Bonne route à toi également...
Robert

RD 27/10/2012 17:56

Philippe,...Colette et moi rentrons de Madère...j'avais pris la précaution d'emporter tes fiches de commentaires judicieux avec moi...
Nous avons suivi pas à pas vos traces et ressenti les mêmes émotions que toi.
Nous n'avons pu développer l'étape de la Levada Norte à cause d'une météo épouvantable...deux autres journées mitigées..
Nous nous promettons de retourner sur cette Ile de Madère...il reste des trésors à découvrir.
Cordialement

Robert

Philo 28/10/2012 19:53


Bonsoir Robert et Colette, Merci pour votre commentaire. Je suis heureux que mes quelques écrits aient pu vous servir pour parcourir cette très belle île qu'est Madère. Elle regorge de trésors très
divers. Nous n'y étions allé qu'une semaine, c'était un peu court pour goûter à tous les aspects de l'île. Je pense que vous avez raison de prévoir d'y retourner. Je vous souhaite une myriade de
merveilles à découvrir et de belles émotions à partager bonne route Cordialement