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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 16:07

 TorresDelPaine Torres- 116 ElchaltenFitzRoy - 115 ElchaltenFitzRoy - 147 ElchaltenLomadelPliegueTumbado- 092 PeritoMoreno - 068

J'irai au bout du monde : au sud du Sud, au coeur de cette immensité balayée par les vents glacés, où la nature, démesurée, habitée de promesses, de pureté, se donne en spectacle.

J'irai au bout du monde pour espérer y voir la courbure de la terre. Je dépasserai le 45ème parallèle, pour affronter les éléments, pour que la nature, les paysages me rentrent dedans.

J'irai là bas, sous nos pieds, de l'autre côté du globe, la tête à l'envers, parcourir ce morceau de terre de l'extrême, des vents qui rendent fou, d'une beauté inépuisable : nature splendide, sauvage, inhospitalière, horizons éloignés à l'infini, ciels gercés d'espoir, crépuscules embrasés, puissants glaciers qui dévalent des flancs des montagnes dans l'eau froide et limpide des lacs d'altitude, terre de couleurs dont ne sait dire le nom, côtes déchiquetées, pampas à perte de vue peuplées de moutons, de guanacos ou de nandou...

J'irai, là où le rêve, là où le vent me mène... J'irai vous chercher jusqu'au bout du monde, Madame... Dans le plus beau de mes rêves, vous m'aviez embrassé, provoquant la fête dans tout mon corps...Incandescent de vie, je m'étais enflammé. Au réveil, vous vous étiez envolé.. J'irai vous rejoindre Madame, loin, là bas jusqu'en Terre de feu, me jeter dans vos bras dans le brasier de l'Amour.

Patagonie d'amour... des lieux, des visages, des mots qui résonnent, me cinglent, me transpercent, me brûlent  : Détroit de Magellan, Puerto Natales, Ultima Esperanza , Torres del Paine, El chaltèn : la montagne qui fume, Perito Moreno, Tierra del Fuego, Ushuaia, Cap Horn...

Les souvenirs de ce trop court séjour - une vingtaine de jours - en pays Patagon ressurgissent... Des images, des visages, des traces émergent de ma mémoire comme pour prolonger l'instant... 

Séjour : Novembre, Décembre 2013    

Lien vers les albums photos

 

Patagonie---Puerto-Natales Patagonie---Puerto-Natales

Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais

Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey

Patagonie---Torres-del-Paine---Torres Patagonie---Torres-del-Paine---Torres

Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre  

Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy

Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado

Patagonie---Perito-Moreno Patagonie---Perito-Moreno

Patagonie---Ushuaia-Vues Patagonie---Ushuaia-Vues  

Patagonie---Ushuaia-Canal-Beagle Patagonie---Ushuaia-Canal-Beagle

Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego

Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial

Patagonie---Wild-show-in-the-sky Patagonie---Wild-show-in-the-sky

Patgonie---Faune-et-Flore Patgonie---Faune-et-Flore

 

Même si la case départ promet tellement... le bout du monde c'est loin

Le bout du monde, ce n'est pas la porte à côté... 17 000 kms, Plus de 26 heures de transports aériens... Un long trajet !

Première étape : rejoindre Madrid.

17h15 : Parti en tout début d'après midi de mon Aube natale, je gagne enfin l'aéroport d'Orly, tout excité à l'idée de ce nouveau voyage. Partir : la case départ promet tellement... Les pages de mon petit carnet sont encore blanches, les cartes mémoires de mon apn encore vierges...  Torres del paine, Los glaciares, Tierra del fuego...les jolis noms de ces contrées les plus australes virevoltent  dans ma tête.... Les nuages de ma vie - trop barbelée, trop solitaire - se dissolvent, le soleil inonde mes pensées... Les départs sont la naissance de tous les possibles : je suis heureux, j'ai les yeux sourire... J'ai un peu honte de croiser, avec mon petit air de ravi, quelques uns de mes contemporains camisolés dans leurs costumes sombres, aux regards blasés, tristes qui crient l'asile de leur vie.

20h30 : L'avion, affrété par la compagnie Iberia, décolle à l'heure, et rejoins même, avec près de 35 minutes d'avance, vers 22h "l'aéopuerto internacional de Madrid-Barajas". Je prends le pas de la horde de passagers qui s'engouffre dans la navette qui joint le terminal 4S et les portes M,R,S,T pour y trouver ma correspondance vers Santiago du chili.

Seconde étape : rejoindre Santiago du chili.

00h20 heure de Madrid : L'airbus A340-600 prend son vol pour un temps trajet de 13h30...  2h30 du mat, les hôtesses nous servent un plateau repas trop industriel qui reflète bien le monde qui les produit : artificiels, froids, désespérants.. Mais j'ai faim, alors je n'en laisse rien. Coincé, ente les accoudoirs hostiles de mon siège peu confortable, j'essaie tant bien que mal, puis en vain de trouver le sommeil. J'envie mon voisin de vol qui a rejoint Morphée depuis "belle lurette"... Moi, je rêve tout éveillé du jour où les hommes auront inventé la téléportation, mais je rêve surtout de vous Madame, en dévorant les pages de "Cher amour" de Bernard Giraudeau... "Je ne sais rien de votre peau, de votre odeur, laissez moi vous explorer, vous effleureur jusqu'à l'insupportable. Je ne suis qu'un amant de papier, ne me brûlez pas..". Les mots se répandent, se mélangent, brouillent ma certitude : Qu'est-ce que je vais chercher toujours plus loin au bout du monde, comme s'il y avait un bout, une fin, vous trouverais-je, Madame, là bas dans la demeure de l'amour.

10h10 heure chilienne :  Santiago du Chili. Ca dégueule de visages étourdis que la fatigue a lentement délabré. Les visages souillés, les corps épuisés, l'avion à peine atterri, le meute s'empresse. L'homme devenu bête cherche à quitter au plus vite la carcasse hostile de ce gros oiseau d'aluminium et de fibres de carbones. Après 14h de vol, pour un filet d'air pur, l'animal est prêt à tout, dut-il vous piétiner.

Puis vient l'incontournable et insupportable passage des douanes. La police des frontières chilienne n'échappe pas à la règle. Plus d'1h15 de files d'attentes, formulaire d'identité, formulaire indiquant que vous ne transportez dans votre sac à dos de produits illicites comme des fruits et légumes crus non transformés... Mieux vaut engloutir ou jeter précipitamment sa dernière pomme pour ne pas être embêté. C'est fait, mon passeport est enfin tamponné et j'ai en ma possession le minuscule papier, le sésame qu'il faut impérativement conserver pour pouvoir circuler et sortir du territoire. A ce moment là, je ne sais pas encore que dans les minutes qui suivent, je vais malheureusement l'égarer ... Argh....Je rêve d'un monde sans frontières.

Troisième Etape : rejoindre Punta Arenas via Puerto Montt

Le trajet n'est pas encore terminé...Après avoir récupérer mon bagage à Santiago du Chili, je m'empresse déjà au comptoir d'enregistrement de la compagnie Lan Chile ... Direction Punta Arenas via une escale à Puerto Montt. Encore 4h30 de vol pour rejoindre la Patagonie. 

18h30 : Arrivée à Punta Arenas

Capitale régionale de 120000 habitants, située au bord du détroit de Magellan face à la grande île de terre de feu, Punta Arenas est une grande ville moderne. En plus des activités traditionnelles de service comme le ravitaillement des navires de passage, les industries du pétrole et l'élevage de bétail, le port est devenu l'étape obligée pour toutes les expéditions aériennes ou navales en direction de l'antarctique. C'est également la porte d'entrée de la patagonie Chilienne, là où atterrissent la majorité des trekkeurs qui vont rejoindre le parc Torres del Paine. Une très courte promenade au bord du détroit de Magellan et vite au lit... J'ai quelques heures de sommeil à récupérer.

Puerto Natales

Lien vers l'album : Puerto Natales :  Patagonie---Puerto-Natales Patagonie---Puerto-Natales

8h du matin, terminal de bus de Punta Arenas : Je prends place à bord d'un autocar de la compagnie "Buses Fernandez", direction Puerto Natales. 250 kms de route au milieu d''immenses plaines composées de basses végétations. De grands enclos à brouteux tapissent la plaine et bordent la petite route. Seule l'apparition de quelques estancias isolées, atteste que l'homme est bien présent, discret, dans ce coin de bout du monde. L'autocar vient d'effrayer un petit groupe de guanacos qui paissait au bord de la route. Ils s'enfuient comme s'ils avaient vu le diable.. Plus loin, de petites touffes herbeuses court dans les airs, comme poussées par le vent. Mais non, ce sont des nandous, sorte de petites autruches qui se fondent dans la végétation, qui vont et viennent au milieu des moutons. Rio Verde, Nous traversons ce qui semble être un minuscule village aux toits en taule bigarrés bleu, rouge, vert... Le vent souffle très fort, les bourrasques bousculent l'autobus. Les arbres que l'on rencontre en bord de route, où devrais-je dire, ce qu'il en reste, témoignent de la force du vent d'Ouest qui règne ici en maître. Meurtris, cassés, couchés, ils semblent même parfois ramper au sol. Est-ce vraiment ici, au milieu de ces terres inhospitalières, Madame, que vous m'attendez ? j'ai bien peine à le croire.... C'est en un peu plus de 3h que nous gagnons la petite ville perdue de Puerto Natales.

Il pleut, le vent est glacial...J'ai déjà revêtu trois couches de vêtements. J'ai un peu peur pour la suite de ce périple...

Puerto Natales - 008Puerto Natales est situé sur les rives du Fjord Ultima Esperanza. L'ultime espérance : c'est vraiment le bout du bout du monde. la route chilienne se termine d'ailleurs à 100kms de là dans le parc Torres del paine, ma destination du lendemain. Mais pour l'heure, il me faut gagner la très charmante et accueillante hostal "We are Patagonia" pour déposer mes affaires.

J'erre ensuite dans les ruelles quadrillées de la petite bourgade entourée de montagnes, au gré du vent. Les enseignes couinent sous les rafales, revendiquant leur liberté. Ce n'est qu'une question de temps. Ici, le vent emporte tout, je lutte pour ne pas être entraîné à mon tour. Je suis dans la rue Esmeralda... Emeraude, voilà un mot qui résonne comme une promesse d'amour.  Je vous cherche en vain, Madame, mais je ne vous y trouve pas. Alors je peste un peu, exaspéré par ce rendez-vous manqué tout en poursuivant mon chemin. Je rejoins l'utima Esperanza. Un lieu plein de promesses, calme, serein qui contraste avec l'atmosphère agité, nuageuse du ciel, de mon ciel tourmenté. Je me sens bien ici. Un petit bonheur empreint de mélancolie. 

En regagnant la petite place du village, je tombe nez à nez avec le mylodon, une sorte de paresseux géant de la taille d'un cheval. Impressionnant la bestiole ! Heureusement, il ne s'agit que d'une représentation (statue)  de l'animal qui a vécu en Patagonie il y a 10 000 ans.

Dans l'après midi, je gagne les hauteur de Puerto Natales, pour une petite randonnée rendue difficile à cause du vent et de la pluie. Environ 4h de marche aller/retour pour atteindre le mirador Dorotea qui domine le fjord de Puerto Natales. Il faut faire de gros efforts contre le vent pour tenir debout au sommet... Le ciel est gris, bouché, au loin le massif del paine reste caché à la vue..Puerto Natales - 041

Retour à la petite hostal "we are patagonia". Je reprends la lecture de "Cher amour". "Où êtes-vous, Madame sans adresse ?".. "Me réfugier en vous, mettre ma tête sur votre ventre et sentir battre la vie"... Je m'endors, des rêves plein la tête.

Lien vers l'album : Puerto Natales :  Patagonie---Puerto-Natales Patagonie---Puerto-Natales

 

ToressDelPaine GlacierGrey- 011 ToressDelPaine GlacierGrey- 085 ToressDelPaine CampingPehoe - 008 TorresDelPaine Torres- 009 TorresDelPaine Torres- 120

Parc Torres del Paine

Situé à 110 kms de Puerto Natales, le parc de Torres del Paine est un passage obligé pour les trekkeurs. Des alpinistes du monde entier affluent pour affronter une météo digne de l'Himalaya alors que son point culminant le Cerro Paine Grande dépasse tout juste 3000m. Le nom provient du mot tehuelche "payne" qui signifie "bleuté"... sans doute pour désigner la couleur de ses multiples lagunas lapis-lazulis, éparpillées au milieu d'énormes massifs granitiques aux arrêtes aiguisées.. Des paysages habillés de démesure qui émerveillent les visiteurs les plus blasés. C'est dans ce décor de rêve, suivant les traces du trek W que va se dérouler mon premier trekking en Patagonie. 

Liens vers les albums photos du parc Torres del paine :

Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais

Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey

Patagonie---Torres-del-Paine---Torres Patagonie---Torres-del-Paine---Torres

 

De Puerto Natales à Torres del Paine jusqu'au lac Pehoe

RouteversToress - 0097h du matin Puerto Natales Gare routière : Je monte avec ma petite équipe de trekking, à bord du bus de la compagnie Gomez. Direction : le parc Torres del Paine. 110 kms de routes/pistes, en 2h30 pour rejoindre l'entrée principale du parc Porteria Sarmiento, situé au bord du lac du même nom. Des trekkeurs de toute nationalité, de tous les âges ont pris place dans l'autobus bondé. Sur les sièges, à côté de moi, deux jeunes américains s'embrassent avec une impatience goulue qui fait plaisir à voir. je les envie. Alors, je vous rêve et je nous imagine, Madame, enlacés, pelotonner l'un contre l'autre, échangeant un baiser d'adolescent, plein de tendresse...

Nous atteignons Cerro Castillo, petit village où se trouve le poste frontière entre le chili et l'argentine... un petit arrêt pur aller aux toilettes. Le chauffeur de bus nous remet le formulaire nécessaire qu'il faudra donner à l'entrée du parc de Torres del Paine. Un panneau indique : "ruta del fin du mundo". Nous prenons la piste/route du bout du monde qui mène au parc.

11h Entrée du parc : Un ranger monte dans l'autocar pour préciser aux visiteurs, en espagnol, puis en anglais, les règles et recommandations en vigueur dans le parc. Le camping sauvage est interdit. Les zones de camping ou de repas sont clairement identifiées. En dehors, il est formellement interdit de faire du feu.... Il faut dire que les deux précédents incendies de Décembre 2011 et février 2005 ont laissé des traces en détruisant chacun plus de 15000 hectares de forêt primaire et de steppe. Pour bien enfoncé le clou, après avoir acquitté son droit d'entrée au parc, nous devons assister à la projection d'un petit film qui reprend, en images cette fois, les règles énoncées par le ranger. 5 ans de prison, 4000$ d'amende... Le film insiste sur les peinesToressDelPaine arrivée - 008 encourues si vous être pris, en train d'allumer un feu dans une zone non autorisée. Et pour être certain que vous n'oublierez pas ces commandements en chemin , le "trail pass" que vous devez laisser visible "all the time while you are at the National Park" est marqué des 10 "Rules".

C'est un peu, assommé, par ce trop plein de sécurité pour ce grand espace de nature que nous poursuivons la route jusqu'à Pudeto. Nous prenons place à bord du catamaran avec tout notre équipement afin de traverser le lac Pehoe et atteindre notre premier bivouac  au camping Paine Grande.

ToressDelPaine arrivée - 016L'eau du lac Pehoe est d'un bleu/vert unique, indéfinissable. Paine Grande, les Cuernos del Paine se cachent dans l'épais brouillard.  De temps à autre, il nous semble entrevoir quelques silhouettes, quelques arêtes , comme si Dame nature dissimulait aux regards un peu de la beauté des montagnes, afin que l'oeil s'habitue... Le ciel se décline dans une palette de gris dont je n'imaginais pas l'existence : un mélange de gris bleu ardoise, de gris fer, de gris perle, de gris de Payne. Le ciel menace, devient spectacle.. La pluie fine, s'abat maintenant violemment, de fortes bourrasques de vent renforcent la sensation de froid. Le catamaran tangue... Je ne voudrais pas tomber à l'eau.. Dans une eau à 5°, l'espérance de vie ne dépasse pas 4 minutes.

ToressDelPaine arrivée - 021Nous atteignons le campement Paine Grande où nous nous affairons parmi d'autres randonneurs à monter nos tentes pour la prochaine nuit. Et monter les tentes, par ce vent, n'est pas une mince affaire ;-). Pourvu qu'elles ne se retrouvent pas dans le lac Pehoe !

13h : A peine le temps de reprendre nos esprits, nous partons pour notre première grande journée de marche (environ 7h) au coeur de la mythique vallée des Français. Mieux vaut être bien équipé. Dans le parc Torres del paine, en une journée, il peut faire tous les temps et le vent est omniprésent. Même si le pire est à prévoir aujourd'hui, je me badigeonne tout de même de crème solaire. N'oublions pas que le parc torres del paine est situé juste au dessous du trou de la couche d'ozone. Même sous l'épaisse couverture nuageuse, le coup de soleil est garanti.  

 

Camp Paine Grande - Vallée des Francais

Environ 20kms, 500m de dénivelée et près de 7h de marche

Album photos : Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais

ToressDelPaine ValléeFrancais - 01413h20 : Le sentier débonnaire longe les bords des lacs Pehoe, Skottsberg et Nordenskjöld au milieu de petits arbustes à fleurs rouges écarlates. Les notro ou ciruelillo sont couverts de fleurs tubulaires en ces mois de printemps austral. Un bel arbre de feu dont je vous offrirai bien un bouquet, Madame, pour faire part de mon amour si ardent.

La montagne se cache à notre vue, la magie aujourd'hui est ailleurs. Le vent, encore lui, se met à courir sur le lac, y dessinant ici et là, comme un doigt sur du sable, quelques signes secrets. De petites vaguelettes projettent aussitôt le message éphémère aux quatre vents... et voilà que de mini-tornades se forment, et que des geysers entrent dans la danse, jaillissant par intermittence...Un magnifique ballet de danse. Spectaculaire spectacle ! Je m'attends à vous voir surgir là, Madame, au milieu de l'une de ces fontaines de jouvence, telle une naïade complétant la pantomime. Mais, vous n'êtes encore qu'un vissage deToressDelPaine ValléeFrancais - 030 brume....

Nous pénétrons dans une petite forêt qui garde les stigmates du dernier incendie. Le temps se dégrade encore. La pluie horizontale me pénètre, me cingle le visage. Un vrai temps de fin du monde.

Après le passage d'un petit pont suspendu, nous gagnons le camp des italiens, puis nous montons dans la foulée, par un chemin pierreux jusqu'au bord du glacier Francais..  Nous devons être aux pieds des "Cuernos", des parois granitiques comptant parmi les plus grandes et les plus verticales du monde. Nous devons être au coeur d'un univers saisissant, offrant un panorama grandiose sur tout le parc, mais le paysage n'est que brume épaisse. Il faudra revenir, par un temps plus clément pour profiter de ces splendeurs. Ecrasés sous le vent fou, glacial, notre progression est lente, incertaine. Par moment, il faut stopper pour espérer garder l'équilibre, résister pour ne pas être emporté. Ici, ce ne sont pas les humains qui sont à craindre mais les ToressDelPaine ValléeFrancais - 057éléments. Ce sont eux qui décident s'ils vous laissent passer... Et aujourd'hui, nous ne passerons pas. Nous n'irons pas plus haut, pas plus loin. Nous renonçons à atteindre le camp britannique et rebroussons chemin. 2h45 de marche sous des trombes d'eau, résistants tant bien que mal aux bourrasques du vent...

20h : C'est secoué, totalement détrempé de la tête aux pieds, frigorifié que je rejoins le refuge du camp Pehoe Paine Grande. Je renonce à la douche. Il fait beaucoup trop froid, je grelotte rien que d'y penser. J'engloutis un repas chaud au self du refuge et reste là au chaud jusqu'au moins 23h..

23h la nuit est tombée depuis à peine une heure : Pas facile d'affronter les éléments pour rejoindre la toile de tente. Mes mains tremblent tellement que j'ai du mal à ouvrir la fermeture éclair de la toile. Vite, se débarrasser de mes fringues détrempées et me glisser don mon duvet.. 

Minuit, une heure, deux heures du mat. : La toile tangue sous les fortes rafales de vent, le bruit de la pluie se mélange aux grognements du mylodon jean-pierre qui partage ma couche. Impossible de fermer l'oeil... je vous espère, je vous supplie même Madame, de m'arracher au piège de l'effroyable bête, mais je n'entends que les rires du vent et le ronflement incessant de l'animal qui me rendent fou.

Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais Patagonie---Torres-des-Paine---Vallee-Francais

 

Rencontre aec un géant : le Glacier Grey

Albums photos :  Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey

ToressDelPaine CampingPehoe - 0155h20 : C'est l'heure où la nuit retrousse ses ourlets sur les premiers attouchements du jour. La pluie a cessé, le vent a faibli. Je m'extirpe de la toile de tente, appareil reflex en main. Le ciel est complètement dégagé, le soleil matinal embrase le sommet de Paine Grande tandis que la lune, discrète, s'échappe sur la pointe des pieds. Grandiose ! La nature exhibe toute sa beauté, Rose, rouge orangé, jaune doré, Paine Grande et les Cuernos del Paine s'illuminent de mille rayons.

8h : Départ de randonnée : un belle rencontre avec un géant, le Glacier Grey

23 kms, 7h de marche, 400m de dénivelée positive

Nous remontons une vallée, toujours exposée aux forts vents patagons, jusqu'à un petit col, d'où nous découvrons le lac grey. Un lac d'un bleu profond, vivant... une sorte de liquide céleste. Au loin, au sud-ouest, le sommet enneigé du cerro Ferrier. Bref, un paysage de carte postale, un petit coin de paradis !ToressDelPaine GlacierGrey- 011

Le sentier nous mène jusqu'au mirador du glacier grey. Un très beau point de vue sur le géant Grey avec qui nous avons rendez-vous. Le temps est frais est superbe, la vue dégagée. Au loin, le glacier dégringole dans les eaux du lac du même nom et laisse échapper quelques icebergs qui flottent comme des canards sur une marre. En arrière plan, l'immense "Hielo contienental", plusieurs dizaines de kilomètres de glace. Saisissant, Sublime !

Dans le ciel, Le condor, seigneur des airs, reconnaissable de loin grâce à sa petite collerette blanche, plane en rond au dessus des montagnes à la recherche de charognes. Le puma, lui, se fait plus discret. il ne faut pas compter en apercevoir, en plein jour, dans le parc. 

ToressDelPaine GlacierGrey- 135Il nous faudra encore une petite heure trente pour approcher le glacier Grey, un peu après le camping Grey. Un pique-nique mémorable face au géant... Intimidé, perdu dans l'immensité, impuissant, silencieux ... Dans cet écrin de nature, il semble que ce soit la terre qui vous regarde.

Et même si vous êtes encore une fois,  absente, Madame... même si ma vie, sans vous, n'est qu'une salle d'attente, je pourrai faire preuve, ici, de la plus grande des patiences...

De retour au camp Pehoe, nous plions bagages, reprenons le catamaran et gagnons le camping de l'hosteria Los Torres.

Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey Patagonie---Torres-del-Paine---Glacier-Grey

 

 

Dans le nid des torres 

8h de marche, 900 m de dénivelée positive

Album photos :  Patagonie---Torres-del-Paine---Torres Patagonie---Torres-del-Paine---Torres

TorresDelPaine Torres- 009Trois montagnes, tels trois colossaux doigts de granite dressés vers le ciel, les torres sont les vedettes, l'emblème du parc Torres del Paine. 

Ce matin, au levé du jour, le sommet des torrres est dans les nuages... Le ciel est changeant, difficile de prévoir si elles se découvriront plus tard dans la journée. A quelques mètres du bivouac, un drôle d'oiseau à long bec noir, coiffé d'une couronne brune, la tête et le cou cannelle, attire mon attention. Peu craintif, Il se balade là, dans la prairie. C'est un bandurria austral, une sorte d'ibis qui doit bien mesuré 60 cm.

Nous nous mettons en marche vers 8h20.

Nous effectuons la première ascension du parcours (environ 2h de marche) sous une pluie fine, le long d'une belle vallée surplombant un torrent jusqu'au camp Chileno. Ici, quelques tentes sont montées sur des plateformes sur pilotis.

La seconde partie du parcours monte à travers la forêt pendant un peu plus d'une heure jusqu'à une bifurcation qui propose deux directions: l'une vers le camp Torres, l'autre vers le nid des Torres. Nous prenons la direction du nid, véritable mirador sur les Torres

Nous sommes sur un chemin pierreux qui monte pendant une quarantaine de minutes, à travers une moraine très prononcée. LeTorresDelPaine Torres- 076 chemin s'élève encore, les roches sont de plus en plus grandes. Je suis aux avant-postes, loin devant certains camarades de trek qui peinent dans la pente. Je poursuis l'effort. Je traverse quelques éboulis de grosses pierres pour déboucher enfin dans le nid des Torres : Les tours Nord, central et sud qui culminent respectivement à 2600, 2800 et 2850m sont alignées, là, comme trois grandes obélisques de granite pointant vers le ciel, transperçant les nuages, surplombant une lagune turquoise... Le sommet des pitons est dans la brume mais l'attraction qu'exercent les Torres n'en est pas moins forte. Le lieu est féérique, magique... Je suis ensorcelé. Je les ai souvent rêvé, aujourd'hui, elles se dressent là, devant moi.

Nous déjeunons dans le nid des Torres... Je m'écarte quelques minutes afin de passer un bon moment avec moi-même, feuilletant les pages de mon livre intérieur... Envoûtante, enveloppée d'une aura légère, je vous sens m'effleurer Madame, je crois même deviner votre parfum. Mon ange, Mon inconnue, je voudrais vous étreindre mais vous êtes insaisissable comme la lumière de l'éclair, comme le souffle du vent... Le vent, toujours lui, qui dans un frisson me ramène à l'instant.

TorresDelPaine Torres- 120Les nuages jouent avec les Torres... Quelques belles percées de ciel bleu émasculent la masse opaque nous laissant entrevoir l'espoir d'observer le sommet de ces vedette hors des nuages.. En vain !

Il fait froid et il est déjà temps de redescendre. 3h30 de marche nous sépare encore du camp.

Je range mon reflex dans mon sac à dos pour effectuer la descente pierreuse, façon trail, accompagné de marylin, adepte en la matière, qui me fournit quelques conseils judicieux. Une belle descente, sportive, à belle allure, un bon moment.

C'est sur un rythme plus pépère que nous regagnons ensuite le camp Chileno puis plus bas encore et le camping de l'hosteria los Torres.

Patagonie---Torres-del-Paine---Torres Patagonie---Torres-del-Paine---Torres

Route vers l'argentine Ruta 40 

6h du matin... Je démonte ma tente sur les chapeaux de roues pour être prêt à affronter la longue journée de transfert qui s'annonce. Parti à l'aube, je dois quitter le Chili et rejoindre en bus l'Argentine et plus particulièrement el Chalten que j'attendrai au crépuscule.

Il faut d'abord rejoindre le poste frontière chilien de Cerro Castillo pour sortir du territoire chilien... Et sortir du territoire quand on a perdu son sésame n'est pas une mince affaire. je vais en faire les frais. Impossible de me faire entendre du garde frontière. "J'ai perdu le papier, ça peut arriver, non ?", j'ai le tampon d'entrée sur mon passeport... Rien à faire, il veut le petit papelard. - S'il ne le récupère pas, sa hiérarchie va lui faire des remontrances, sans doute- Il me demande de retourner à Santiago du Chili, là où je suis entré sur le territoire chilien afin de récupérer le sésame. Santiago du chili se trouve à plus de 3000 kms de là. Il doit plaisanter ?... pas certain. Je ne parle pas espagnol et mon anglais, trop basique, trop scolaire, ne me permet pas de lui dire tout ce que j'en pense... "It's impossible, it's too far". Heureusement, il y a le langage universel du corps : Mes yeux exorbités, l'expression de mon visage le renseignent un peu plus sur mon effarement. Je remplis un nouveau sésame vierge que je trouve à proximité du guichet, je lui présente, il le refuse... Evidement, il manque le tampon... Décidément, partout dans le monde, un flic est un flic... Je souffle, me prends la tête dans les mains. C'est après maintes négociations et le soutien bienveillant de Pascual qu'on me laisse enfin sortir. J'ai tellement eu peur, que je suis prêt à embrasser tout le monde.

2kms plus loin, il faut passer la frontière Argentine. Simple, rapide... Ici, on a juste besoin d'un tampon sur le passeport, le visa touristique est valable 90 jours.

RouteversArgentine--025Nous rejoignons alors la légendaire "ruta 40" qui longe les Andes et traverse l'Argentine sur plus de 4000 kms à travers des décors surréalistes. Dans ce coin de Patagonie, la route 40 se résume à d'immenses plaines d'herbes rases entrecoupées de faibles vallonnements. Des centaines de kms désertiques, dénudés, une sorte de copier/coller d'un même tableau : A gauche la Pampa, à droite la pampa, à l'horizon, à perte du vue, la pampa. Et vous, Madame, sans doute... dans cet oasis, seulement connue de vous. Je vous espère, alors, faites moi un signe, montrez moi le chemin !

C'est vers 14h que le bus atteint El Calafate sur les bords du lago Argentino. Après un déjeuner rapide, je m'éclipse sur les bords du lac pour prendre quelques clichés des milliers d'oiseaux qui s'y rendent : des flamants roses, quelques couples d'ouettes de Magellan, et les terribles et agressifs "Teru Teru". Quand on s'en approche, il crient avec insistance et se mettent en position de combat, prêt à charger. De vrais chiens de garde !

Patgonie---Faune-et-Flore Patgonie---Faune-et-Flore

ElCalafate - 005

Mais la détente est de courte durée, je dois rejoindre la gare routière à 18h pour prendre un nouveau bus local qui  doit me mener jusqu'à El Chaltèn.. Encore 3h de route pour approcher le massif du Fitz Roy et pénétrer dans le fabuleux parc de Los Glaciares, mon prochain terrain de trekking.

Arrivés au crépuscule sur El Chaltèn, je rejoins la charmante et accueillante auberge de Rancho Grande où je séjournerai avec mon équipe de trek, les 4 prochaines nuits. Je partage un dortoir avec trois acolytes.

ElchaltenCerroTorre- 071 ElchaltenFitzRoy - 015 ElchaltenFitzRoy - 126 ElchaltenFitzRoy - 145 ElchaltenLomadelPliegueTumbado- 161

Parc Los Glaciares - El Chalten

Le parc des glaciers est niché entre deux grands lacs. Le Viedma au nord et Argentino au sud, alimentés par les glaciers qui s'y déversent. Ces lacs ne sont autres que d'anciennes auges glaciaires dégagées suite à un réchauffement général du climat au cours des âges géologiques. Ici, la cordillère ne dépasse guère les 3500m mais elle dresse vers le ciel ses plus belles tours de granit aux parois lisses et verticales, hymne à la beauté de la nature, à la solennité des montagnes,  la majesté de la cordillère. Dans ces contrées australes, la limite de la haute montagne est fixée à 600m d'altitude.  Les montagnes émergent des neiges, au coeur des plus grands champs glaciaires de Andes, les campos de Hielo.. De gigantesques langues hérissées de pics et pitons aux reflets bleu turquoise dégringolent vers les lacs d'eau claire, translucide, glaciale... Le parc compte plus de 47 glaciers dont treize descendent vers l'Atlantique : Marconi, Viedma, Upsala...

El Chatèn est un petit village qui se trouve au bout de la route qui longe la rive nord du lago Viedma. Dominé par ces parois verticales des tours de granite, il est le point de départ des principaux treks du parc. Nombre de ces sommets portent des noms familiers au public français puisqu'ils rendent hommage aux pionniers de l'Aéropostale. Le Fitz Roy (3406m), avec au mord les pics Guillomet (2754m), Mermoz (2732m), Val de Vois (2645m), et vers le sud les aiguilles Poincenot (3002m), la saint Exupéry (2558m). Bref, des joyaux de nature, source d'éblouissement.

Liens vers les albums photos du Parc Los glaciares :

Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre

Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy

Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado

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Laguna Torre

6h de marche, 400 m de dénivelée

Album photos :  Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre

ElchaltenCerroTorre- 026Campi, notre guide local, nous rejoint au petit déjeuner à l'auberge Rancho Grande. Nous partons aujourd'hui au pied du Cerro Torre, longtemps considéré comme la montagne, la plus difficile à gravir du monde.

Le sentier alterne d'abord entre montées et descentes en pentes douces, puis traverse des sous-bois de nire et de lenga, des feuillues typiques de la région, qui arborent de petites feuilles caduques. D'après Campi, en automne, elles virent au rouge/orangé et rendent le paysage encore plus époustoufflant. Voilà une belle idée. Je vous promets, Madame, nous reviendrons en Mai, rien que tout les deux en amoureux, pour une escapade romantique.. Et s'il vous plaît, nous entamerons une danse, papillonnant de plaisir dans ce mélange aux couleurs féériques.

Toc, toc, une femelle pic-vert de Magellan me ramène à l'instant. Nous atteignons le mirador du Cerro Torre. Le temps est gris, pluvieux, toujours venteux et le Cerro Torre n'est que brouillard. Soudain, un arc-en-ciel se dessine, annonçant un bon présage. Même quand la montagne se dissimule au regard, il y a toujours matière à observer, à se délecter. "The show must go on" semble souffler le vent, en chef d'orchestre, de cette gigantesque représentation.

Nous atteignons bientôt les bords du lago Torre dans une ambiance "gris tourterelle". Les eaux glacées du lac charrient quelques icebergs, quelques cristaux de glacent meurent sur la rive. Le Cerro Torre, invisible aujourd'hui, réapparaitra peut-être demain si le temps le décide.

Nous nous approchons un peu plus près du glacier Torre qui se jette dans le lac, en longeant la moraine.

Après un petit pique nique en sous bois, à l'abri du vent, nous regagnons notre petite auberge pour y déguster une délicieuse "parta de tarta al chocolate" accompagnée d'un savoureux chocolat chaud. Je suis sous le charme de cette jolie petite serveuse. Elle fait partie de ces femmes qui par un simple sourire, un simple regard, ont le don de m'émouvoir... Alors, je m'émeus... Nous échangeons un sourire, je rêve un instant, et voilà que je suis gai comme un enfant. Mes yeux sont plein d'elle... Son coeur me semble visible à l'oeil nu, ses yeux qui brillent sont un ballet de lumière, elle éclaire toute l'auberge. Son visage d'ange, son enthousiasme enfantin, son regard innocent, profond, un peu mélancolique. C'est sûr, elle attire les coups de foudre... Je suis foudroyé. Ne soyez pas jalouse, Madame, elle est jeune, trop jeune, à peine deux ou trois ans de plus que ma fille ainée... Il faut dire, Madame, que vous êtes si discrète, si insaisissable... Moi qui m'obstine à vous chercher, qui rêve, avec vous,  de souvenirs brulants....je ne vous cache pas ma déception de ne pas vous avoir encore trouvé, de ne pas pouvoir lire dans vos yeux, mon bonheur.

Album photos de la rando :  Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre Patagonie---Los-Glaciares---Cero-Torre

 

Rendez-vous avec le Fitz Roy

 Lien vers l'album photos :  Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy Patagonie---Los-Glaciares---Fitz-Roy

ElchaltenFitzRoy - 0075h15 : Le soleil va se lever d'ici 25 minutes. Le ciel est clair, bien dégagé, Le vent glacial. J'ai revêtu quatre couches sur le torse, un collant, un pantalon, deux paires de gants, un bonnet péruvien pour résister au froid. Je rejoins l'entrée du village d'El Chaltèn vers le pont, l'endroit stratégique pour immortaliser l'instant où le soleil, va inonder de ses doux rayons le Fitz Roy. Ma première belle rencontre avec la montagne qui fume. Je ne suis pas le seul, je compte une bonne dizaine de photographes dans les parages. Bleu, rouge, rose, orange, jaune doré, la montagne El Chaltèn s'illumine sous mes yeux... Splendide, fécond !

Je rejoins l'auberge Rancho grande pour prendre mon petit déjeuner, vers 6h30, avec mon équipe de trek, puis nous partons dare dare, pour une très belle journée de randonnée qu pied du Fitz Roy. 

Nous rejoignons l'hosteria El pilar d'abord véhiculé, point de départ de notre itinéraire de marche.

La première partie du parcours s'effectue en forêt. De belles trouées dans la végétation permettent d'admirer par ce temps très ensoleillé, les montagnes et les glaciers alentours. Une première fenêtre encadre le glacier Marconi. Derrière, la troisième concentration glaciaire la plus importante de la planète : le campo de Hielo, frontière polémique avec le chili. Un peu plus loin, une nouvelle ouverture, puis un très beau belvédère exposent les aiguilles Guillomet , Mermoz.

Nous rejoignons une vallée surplombée par la chaîne du Fitz Roy. Que c'est beau. Le ciel est bleu, à peine quelques nuages dispersés ici ou là... Un nuage semble accroché au sommet Fitz Roy. La montagne qui fume ne se dénude que très rarement.

Nous atteignons Rio Blanco. Un écriteau prévient le randonneur "Sendero con mucha pendiente. So requiere buena condicion fisica". Il est vrai que le terrain s'élève sévèrement pour rejoindre la laguna de Los Tres. Un chemin, difficile, pierreux, engagé, mais pour une rencontre fabuleuse, magique. L'énorme Fitz Roy se trouve là devant moi. Je comprends mieux cette citation de Victor Hugo. "Les mots manquent aux émotions". Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens face à cette gigantesque masse de granite, immaculée de neige et de glace. La montagne est si proche, qu'il me semble pouvoir la toucher.

Je rejoins les rives du lac de Los tres, encore gelé en cette saison. Alors que je pensais en avoir terminé avec l'émerveillement provoqué par l'endroit, un peuElchaltenFitzRoy - 101 plus haut, comme une "cerise sur le gâteau", un nouveau décor s'offre au regard. La laguna Sucia, d'un bleu turquoise, apporte de beaux contrastes à ce paradis blanc. Soudain, dans un fracas, assourdissant, une avalanche termine sa course dans les eaux du lac. Je suis au première loge d'un spectacle saisissant. Il ne ma manque que vous, Madame, en cet instant, pour que mon coeur explose, pour être ivre de vie. J'aurais dû faire infuser les heures pour qu'aujourd'hui j'y sois encore.

J'engloutis une part de tarte aux épinards devant la chaîne du Fitz Roy : Aidé de mon guide " les peuples du monde", je nomme de gauche à droite les pics qui me font face : L'aiguille Bifida, le Techado Negro, l'aiguille Saint Exupéry, l'aiguille rafael, l'aiguille Poinceno, El Chaltène (Fitz Roy 3375m), l'aiguille Val de Vois, l'aiguille Mermoz, l'aiguille Guillaumet...  J'adore ces espaces de nature immenses, sauvages, empreint de liberté. C'est comme ça que j'aime la vie : non domestiquée.

Le vent glacial, omniprésent, nous pousse une nouvelle fois, à "mettre les voiles". Nous regagnons le village d'El Chaltèn via la laguna Capri. Une belle et grosse journée de randonnée. 23 kms, 950 m de dénivelée et un peu plus de 8h de marche.  

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Atelier carte postale à la Loma del Pliegue Tumbado

Album photos de la randonnée :  Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado

ElchaltenLomadelPliegueTumbado- 042Le soleil brille, le ciel est dégagé, plein de promesses pour cette nouvelle journée de randonnée au coeur du parc des glaciers. Notre objectif est de rejoindre la loma del Pliegue Tumbado, réputé comme le meilleur mirador du parc. Nous gagnons d'abord l'entrée du village d'El Chaltèn pour y trouver, après le pont, à droite le petit sentier qui prend la direction du mirador. Le sentier monte en continu jusqu'à un premier belvédère qui nous permet d'admirer le grand lac Viedma et la vallée de la rivière de las Vueltas. Attention ! Là au dessus de nos têtes,  un gros bloc rocheux tient, on ne sait par quel miracle, en équilibre.. Bip, bip...Je m'attends à voir débouler le coyote. Nous poursuivons le chemin qui alterne entre passages en forêts et mallines, offrant toujours une vue privilégiée sur la cordillère. Au milieu d'un pâturage, un carancho (caracara)  gratte la terre à la recherche de nourriture. Le caracara huppé est le rapace le plus répandu en Argentine. Sa tête ressemble à celle de l'aigle, avec un bec puissant et crochu. Sa face est orangée. Un bel oiseau de proie, assez peu farouche. Je m'en approche à quelques mètres.

Le sentier rejoint un grand champ de pierres. La montagne est ici, recouverte de fossiles. Je repère de belles ammonites qui gisent au bord du chemin... Un peu, plus haut, l'atelier de géologie se transforme en atelier carte postale, l'appareil photo en mode panoramique. Le belvédère tient toutes ses promesses. En plus du massif du Fitz Roy, le cerro Torre, les cerro solo et grande, le cerro Huemul. Je passe en mode contemplation, j'exhibe une sorte de mimique à la Tex Avery sous l'oeil du condor qui se meut dans le airs. J'aimerais comme lui, pouvoir m'envoler aux quatre vents, haut dans le ciel, peut-être aurais-je la chance de vous apercevoir, Madame...  j'irais alors vous rejoindre et je me tournerais vers vous comme un tournesol qui cherche le soleil.ElchaltenLomadelPliegueTumbado- 077

Je frissonne au vent glacial et reprend le petit sentier en zig zag qui me mène 20 minutes plus tard, plus haut jusqu'à un névé, puis au sommet du Pliegue Tumbado à 1550m d'altitude. Une vue à 360° sur toute la région... Malgré le froid, saisissant au sommet, je musarde ici quelques temps, le regard lointain. Je revendique de cette façon mon droit à ne rien faire dans ce monde qui s'agite constamment. Je savoure ces instants de liberté, ces quelques petits moments, ces petits riens qui font Tout. 

Je reprends finalement le chemin du retour. Au total, j'aurai parcouru aujourd'hui 1050m de dénivelée, en près de 7 heures de marche.

ElchaltenLomadelPliegueTumbado- 161Les nuages s'agitent... Le ciel s'habille de merveilles. Les cirrus et autres cumulonimbus font place aux lenticulaires et autres asperatus qui animent maintenant l'éden... Un phénomène spectaculaire qui va durer jusqu'à la tombée de la nuit. Un véritable "wild show in the sky" dont je suis le témoin. Quelques soucoupes volantes, vaisseaux vaporeux de coton, tourbillonnent au dessus des montagnes attestant de l'invasion. Plus d'émotions, + d'amour, + de vie..Et voilà que la nuit prend des couleurs nouvelles, elle s'illumine de tous mes désirs, elle s'ensemence de mes rêves les plus fous. Je rêve de vous, Madame, de notre amour, mon essentiel.

Album photos de la randonnée :  Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado Patagonie---Los-Glaciares---Pliegue-Tumbado

Album photos lenticulaires et autres show in the sky :   Patagonie---Wild-show-in-the-sky Patagonie---Wild-show-in-the-sky

 

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Perito Moreno

Album photo de la rencontre : Patagonie---Perito-Moreno Patagonie---Perito-Moreno

PeritoMoreno - 083Ce matin, je quitte El Chalten, en bus local, direction El Calafate, puis le Périto Moreno. Le clou du spectacle ! Le célèbre et spectaculaire glacier, déclaré au patrimoine mondial de l'UNESCO, est un symbole fort de l'Argentine. Il attire une foule considérable de touristes. Il faut dire qu'il est habillé tout en démesure : 250 km2, 30 kilomètres de long, 5000 m de front, 60 mètres de hauteur... La rencontre avec ce monstre de glace est forcément impressionnante, marquante. J'approche d'abord en bateau, puis, je profite des multiples passerelles intégrées dans le paysage qui permettent de se promener tout en admirant le glacier sur tous les angles. De temps à autres, de gros blocs de glace se détachent, s'effondrent par pans entiers dans le lac dans un fracas proche du tonnerre.  Malgré ces chutes, La langue de glace, aux reflets bleutées, hérissée de pics, progresse lentement (environ 2m par jour) mais de façon continue sur le lac Argentino, face à la penisule de Magellan. L'énorme glacier est vivant et obstiné. Le spectacle est titanesque, enchantereque. Je déambule là au moins deux heures sans me lasser une seule minute.

Et puis, il y a cet instant magique au détour d'une passerelle, ce moment où nous nous sommes rencontrés. Je me souviens d'unt éclat de rire, un rire à effrayer le bonheur... C'est cet hymne à la vie qui a d'abord attiré mon attention. Tu étais tellement vivante, Mariana... Un visage tout en douceur, d'une pureté que semblait démentir ton corps si sensuel... Contaminé, j'ai senti mon coeur battre la vie, je me suis parfumé à ton sourire qui a agit comme un élixir. Captivée par mon bel engin - mon objectif Nikon 14/24 f2,8 - , et animée par la même passion qui nous habite, tu t'es approché et tu m'as parlé. Je n'ai reconnu qu'un "hola" dans le flot de paroles que tu as débitées... j'aurai aimé, en cet instant, maîtriser le castillan. J'ai bafouillé quelques mots d'anglais sans trop pouvoir cacher l'éblouissement qui m'envahissait. J'ai rougi comme un adolescent. Tu as souri...  Une heure, deux heures, je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là, ensemble, devant ce glacier, à échanger, à tester quelques réglages sur nos boitiers reflex, à s'émerveiller devant le spectacle de ces blocs de glaces explosant tout en basculant dans le lac... Je me rappelle ces minutes hors du temps, volées à la course des heures sur la peau de ma vie..Je crois avoir découvert, ce jour là, le secret de l'immortalité. Tu t'es envolée le soir même pour Buenos Aires alors que je gagnais la Terre de Feu. je ressens encore aujourd'hui, la caresse de ta main, la douceur de ta peau, le goût de ce baiser sur mes lèvres frémissantes, la force de mon désir inassouvi... " Il y a des rencontres qui surgissent dans notre vie sans prévenir, des rencontres qui ont un caractère magique par la qualité de ce qu'elles révèlent en nous et chez l'autre, il est des rencontres qui nous réveillent..." écrit Jacques Salomé. Notre rencontre, Mariana, si brève fut-elle, est l'un de mes plus beaux souvenirs, l'une des plus belles tranches de mon existence.

 Album photos :  Patagonie---Perito-Moreno Patagonie---Perito-Moreno

PeritoMoreno - 137 

 

 Ushuaia Terradelfuego - 125 Ushuaia VueUshuaia - 013 Ushuaia VueUshuaia - 042 Ushuaia CanalBeagle - 118 Ushuaia CanalBeagle - 016

Ushuaia Terre de feu

Bienvenue à Ushuaia, sur la grande ile de la terre de feu. Un panneau prétend que j'ai atteint le bout du monde. Je n'en suis pas certain, mais je suis sans doute dans l'un des endroits habités , situé dans la partie la plus australe du monde. Je suis surpris par la densité de la population, par le flot des voitures... je n'imaginais pas cela... Qui pourrait d'ailleurs imaginer qu'une ville aussi importante puisse se trouver dans ces latitudes, une ville où tout doit être importé : aliments, vêtements, matériaux de construction...Il y a beaucoup de monde au bout du monde. Il y fait très froid, la tempête de neige sévit, mais les seuls souvenirs brûlants de ma rencontre avec Mariana, suffisent à me réchauffer ... Je m'empresse tout de même de gagner la petite auberge de jeunesse "los loupinos", où je vais séjourner quatre nuits, dans un dortoir à 6 couchages (3 lits superposés).

Lien vers les albums photos d'Ushuaia et ses alentours :

Patagonie---Ushuaia-Vues Patagonie---Ushuaia-Vues  

Patagonie---Ushuaia-Canal-Beagle Patagonie---Ushuaia-Canal-Beagle

Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego

Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial

 

La ville D'Ushuaia

Ushuaia VueUshuaia - 058Malgré le temps, je m'efforce de parcourir les principales rues d'Ushuaia. Sur la place du 25 Mai, près du marché des artisans, une petite pyramide revendique son titre de capsule du temps. Un réceptacle d'acier à ouvrir en 2492 renferme ici six disques de vidéo laser composés de messages de milliers d'argentins à destination des générations futures. Je marche sur la jetée du port de plaisance où sont amarrés des dizaines de voiliers.. De là, j'aperçois la ville, avec ses immeubles multicolore, son casino, des rues quadrillées, entourée de montagne. Je m'amuse à photographier le reflet d'Ushuaia dans les eaux du canal Beagle.

Je rejoins le monument qui rend hommage aux argentins tombés pendant la guerre des malouines. La flamme éternelle vacille mais résiste aux attaques du vent.

Il fait un froid saisissant, humide... Il tombe de la neige mélangée à de la pluie, le vent est fort et glacial. Aucun parapluie... Qui se risquerait à imiter Mary Poppins...

Je rejoins la ville et ses artères principales. Il y a foule, une agitation commerciale, touristique : les rues foisonnent d'hotel, de restaurants, de magasins de souvenirs... Quelques travailleurs en grève, des chauffeurs de bus, font entendre leurs revendications en battant avec force, de grands tonneaux d'acier, ajoutant leur part au brouhaha. Je m'écarte du centre et gagne le haut de la ville, pour y trouver quelques maisons traineaux, typiques d'Ushuaia. Des maisons, montées sur pilotis, facilement transportables.

Lien vers l'album photos : Patagonie---Ushuaia-Vues Patagonie---Ushuaia-Vues  

Le parc Terra del Fuego

C'est en pleine tempête de neige que je rejoins le parc national Terra del Fuego : un territoire montagneux sub-antarctique d'une superficie de 63000 hectares dont 3000 seulement sont ouvertes au public. C'est Iliana qui me guide dans ce paysage qui fait la part belle à la faune et à la flore de patagonie. Nous déambulons sous la neige au milieu de la tourbière. Je suis séduit par le dynamisme, la passion qui habite Ilé. Elle est amoureuse de sa Terre de Feu et elle a le don de transmettre les émotions qu'elle ressent en foulant les sentiers. "One minute, Philippe, don't read, don't talk, no photos... Just look and SEE". Par ces mots, Ilé m'invite à la contemplation béate de cette terre du bout du monde. Je m'exécute... Je pourrais vous parler du lengua, du mire, de la violette de calafate, de la fraise du diable, du lichen partout présent, signe du bon air que l'on respire ici... Je pourrais vous parler des tourbières, des oiseaux, du castor et de ses ravages, des indiens Yamana, vous conter même leur histoire... Je n'en ferais rien... En souvenir de cette belle rencontre avec Ilé, pour faire écho à ses propos... Venez, Regardez, Voyez....

Lien vers l'album photos peu fourni :  Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego Patagonie -Ushuaia -Tierra-del-Fuego

Le canal Beagle

Ushuaia CanalBeagle - 123La tempête de neige, qui a duré deux jours, a cessé, le soleil d'abord timide, a transpercé les épais nuages. Le mont Susana est dégagé, ce qui annonce une belle journée. Je pars aujourd'hui pour une belle croisière sur le canal Beagle. 6h de traversée pour aller observer, les cormorans, les loups de mer, le phare des éclaireurs, le petit village chilien de Puerto Williams où vit la dernière descente du peuple Yamana (Yagan), puis encore plus loin rencontrer les pinguins de Magellan, qui ne sont, biensûr, pas des pingouins mais des manchots...

 

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Le glacier Martial

Ushuaia GlacierMartial- 052C'est Sebastian, un ancien champion olympique argentin de biathlon qui sera mon guide pour cette petite rando glaciaire sur le glacier Martial. Je partage la balade avec Béatrix, originaire des pays Bas, elle aussi sportive nationale, championne de Handball. L'ascension vers le glacier n'est pas très difficile, la marche glaciaire des plus initiatiques. Le glacier surplombe la ville d'Ushuaia. Nous marchons tantôt dans des zones de cailloux, tantôt dans des champs de neige. L'équipement est sommaire, un bâton de marche, des crampons. Nous ne sommes pas encordés. Nous montons jusqu'au black canyon afin de profiter de la vue sur la chaîne de montagne. Une belle balade, encore de belles rencontres.

Lien vers l'album photos :  Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial Patagonie--Ushuaia---Glacier-Martial

 

Dream as if you will live forever, live as if you vill die today

Si vous rêvez de "changer de décor, de sourire à la lune, histoire de conjurer le sort", comme le chante le poête Barcella..

Si vous rêvez de crépuscules embrasés, de rencontres avec des géants de nature, habillés de démesure...

Si vous ne redoutez pas le vent, les conditions extrèmes...

Si vous rêvez de rencontres humaines surprenantes, incroyables, inoubliables.. Si vous rêvez d'amour, je vous suggère de prendre le premier avion et de rejoindre cette terre du bout du monde, qui saura à coup sûr vous émerveiller... Elle attendrit et ravit les coeurs les plus imperméables.

Rêvez comme si vous alliez vivre toujours, vivez comme si vous alliez mourir aujourd'hui...

Comme le préconise Sylvain Tesson, "Faites de vos rêves, des souvenirs..."

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