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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:55

MarocDesert -695

"Le vent du désert balaie la trace du voyageur. Seul s'imprime le pas présent. Le passé, le futur ne sont que sable lissé par le vent" (Krishnamurti)

Il existe des lieux où la nature est unique, des lieux emprunts d'histoires, de légendes...

Il existe de grands espaces à perte de vue qui nous invitent à vivre et savourer l'instant en éveillant tous nos sens. Des endroits si silencieux, si reposants qu'ils permettent une belle échappée à nos vies si souvent barbelées.

Paysages sauvages, oueds, ergs, regs, dunes, plateaux minéraux... c'est au coeur de ces tableaux de nature idylliques que s'est jouée cette belle parenthèse à la fuite du temps au coeur du désert de Zagora.

Liens vers les albums photos

Paysages Désert :  Maroc---Paysages-Desertiques Maroc---Paysages-Desertiques

Marche dans le désert :  Maroc---trek-desert-zagora Maroc---trek-desert-zagora

Jeux de dunes :  Maroc---jeux-de-dunes Maroc---jeux-de-dunes

Rando chamelière :  Maroc---rando-chameliere Maroc---rando-chameliere

 

Liens vers les vidéos

Strong as the wind, soft and move as the Sand : une petite vidéo de la tempête : link

 

Etape 1 De Ouarzazate aux dunes de Bougayir

Ouarzazate 8h du matin  : Notre équipe de trek se regroupe autour d'Ismaël, notre guide local, dans le hall de l'hôtel Palemeraie. 

4h30 de route pour rejoindre les portes du désert.

Les paysages traversés sont très variés...

Nous longeons tout d'abord un surprenant plateau recouvert de sacs plastiques... Le vent a charrié ici des monceaux de sachetsMarocDesert -039 et sacs plastiques multicolores qui restent accrochés à la basse végétation. Des arbres à sacs s'élèvent au milieu de la décharge. Une drôle d'empreinte écologique. On comprend mieux ici le sens de toutes ces campagnes de sensibilisation sur l'impact négatif que représentent ses poches plastiques sur l'environnement.

La route longe alors la somptueuse vallée du Draa et les payasages deviennent grandioses. Nous traversons des petites montagnes (anti atlas), des plateux minéraux, des cols, des canyons imprégnés de couleurs chatoyantes. Au loin, les sommets enneigés de l'atlas  : le M'Goun, le toubkal apportent un très beau contraste au cadre naturel. Nous traversons la ville de Agdz. L'environnement parait paisible. Nous sommes au coeur d'une palemeraie, des jardins cultivés d'agriculture diversifiée jalonnent la route : culture de hénné, d'orge, de blé, de luzerne, dattiers.

Au fil des paysages qui s'étirent, la route qui nous conduit au désert est bordée des nombreux douars et casbahs. Des ksours s'élèvent fièrement luttant contre le chergui.

Il est vrai que le vent du désert s'est levé et le ciel devient poussière, chargé de grains de sable. C'est dans cette atmosphère qui nous semble un peu irréelle que nous rejoignions notre équipe de chameliers et notre cuistot. Il nous faudra pas moins de sept chameaux pour transporter tout notre barda.

Après une rapide pause déjeuner en plein vent... nous nous efforçons de nouer nos chèches. Karine qui maîtrise visiblement bien la pratique nous enseigne ses connaissances en la matière. J'observe également ismaël qui propose une variante intéressante à la tenue du chèche. Bref, fièrement chéchés, lunettes de soleil en place... notre caravane se met en marche.

Les langues se délient, les échanges fusent, le groupe se forme.. malgré la météo peu favorable, je savoure le plaisir simple d'être là.

En moins de deux heures de marche, nous avons rejoint les dunes de Bougayir où nous allons planter notre premier bivouac.

Céline et sylvie s'éloignent dans les dunes pour pratiquer quelques étirements.

Après avoir partagé un petit thé à le menthe, nous montons les tentes au rythme des rafales de vent pour y déposer nos affaires.

Puis, nous nous regroupons sous la tente messe pour le dîner. L'atmosphère chaleureuse et détendue est perturbée par une petite vipère à cornes, (espèce particulièrement venimeuse ) qui vient de pénétrer dans la tente, attirée par la lumière. Ismaël et un châmeleier ont bien du mal à tuer le reptile indésirable.

Après ce petit épisode peu rassurant, peu téméraires, nous renonçons à dormir à la belle étoile cette nuit et regagnons notre tente trop étroite.

Etape 2 Dunes de Bougayir aux sunes de Tidri

MarocDesert -0875h45 Levé du soleil... Je m'extirpe de la tente.. le vent a cessé. Je me frotte les yeux, j'étends les bras et prends une forte inspiration... Respirer.... Qu'il est bon de connaître dès le réveil l'insouciante ivresse de seulement respirer, de seulement vivre. J'ai l'envie soudaine de me griser de lumière et d'espace.

Je récupère mon trépied et mon apapreil réflex et vais rejoindre les dunes qui s'offrent à moi comme une promesse de grand spectacle. Je ne suis pas le seul à m'être levé à l'Aube, j'aperçois la silhouette de Marine un peu plus loin qui s'adonne également à la photographie de paysages. Je profite de la lumière matinale pour effectuer quelques prises de vues. Je suis rejoins par Benja un peu plus tard qui souhaite effectuer une petite séance de portraits dans les dunes.

Après un copieux petit déjeuner, nous traversons les belles dunes dorées de Bougayir sous un beau ciel bleu. Même si j'en mets plein mes godasses, j'aime fouler ces petites dépressions qui ondulent leurs courbes gracieuses, parfaites, constamment modelées, au gré des envies de la nature.

En plein désert, au milieu de rien, un plateau minéral, donne accès à des jardins, protégés du vent par de petits murets.. Un ingénieux système d'irrigation permet ici toutes sortes de cultures.. Nous pénétrons dans un village fortifié. Nous déambulons au milieu des barraques en pisé et profitons d'une petite boutique pour faire le plein de flotte. C'est le dernier point de ravitaillement possible, ensuite, nous serons en totale autonomie. Linda offre quelques ballons de baudruche aux quelques enfants du village qui se rassemblent autour de nous. Une idée simple mais toujours efficace pour donner le sourire aux gamins.

Nous prenons la pause déjeuner après le village. Pendant que certains trekkeurs s'abandonnent à la sieste, je rejoins Marine, Guillaume, Karine, Ismaël et Benja pour une partie de tarot.

Nous quittons notre abri de palmiers, pour rejoindre les grandes étendues de sables et de pierres. La végétation se raréfie au fil de nos pas. Nous assistons au loin à la formation d'une mini tornade... Clic une petite photo.

Nous foulons un océan pétrifié aux vagues de sables immobiles. Une immensité silencieuse, écrasée par le soleil. En haut d'une dune, nous exécutons un petit saut de joie comme pour figer cet instant éphémère et nous rappeler combien il est important de mettre de la vie dans ses années. 

Nous croisons un peu plus loin un étrange cortège. Un chameau porte dans son panier un bébé chameau. La maman chameau suit à la trace son petit. Il est né le matin même...Attendrissant ! Le petit a l'air déjà bien éveillé, plus autonome que le bébé homme. La maman chameau a l'air de s'être vite remise de l'accouchement... drôle de leçon ;-)

Nous terminons notre journée de marche dans les dunes de Tidri où nous allons bivouaquer.

Pieds nus dans le sable, les dunes se transforment alors en une aire de jeux... nous retrouvons nos âmes d'enfants. Michel et Guillaume se lance dans un combat de sumos. Et nous voilà, partis, dans des courses délirantes dans les dunes, quelques sauts, quelques bonds en l'air... Saute en l'air, nous dit Souchon, "la terre est un aspirateur , qui veut not'corps, l'aspire, l'espère, elle te désire. Te laisse pa faire, saute en l'air".

Le désert aide au détachement du superficiel, nous recentrant sur l'essentiel. Il est un lieu idéal pour se rencontrer. Les peurs, les crispations se relâchent, les visages s'iluminent, les regards se mettent à briller, les signes ne trompent pas : le désert est bénéfique.

Notre repas du soir est un peu perturbé par les pets de chameaux, qui se sont goinfrés de tamaris. Les flatulences de l'animal dégagent une odeur perstilentielle. Certains amis trekkeurs sont accusés à tord ou à raison de profiter de la situation pour s'abandonner à leur tour.

Nos hôtes chameliers ont allumé un feu de camp et nous fredonnent quelques airs au rythme d'un tam tam improvisé, nousMarocDesert -403 invitant à la danse. Leurs voix se répandent dans la chaleur de la nuit. Guillaume profite du feu pour dessiner des lettres de lumière à l'aide d'un bâton incandescent. Il nous livre un beau message à destination de Marine : AMOUR. Le mot magique capturé par nos règlages à pose longue, s'illumine sur les écrans de nos appareils photos. Il rayonne et réchauffe les coeurs semblant nous dire : si un grain de sable signifiait je t'aime, je t'offrirais le désert.

Embrasse moi dit la lune au soleil.... C'est à la belle étoile que nous passons la nuit sous la voûte étoilée. Je veille longtemps, allongé sur le sable, dans mon duvet, la tête dans les étoiles... Deux ou trois étoiles filantes, je fais un voeu... Puis mon esprit s'évade.... Alors je m'invente des vies plus trépidentes, plus pétillantes les unes que les autres et je m'endors en rêvant de liberté. Free for ever semble me souffler le vent !

Etape 3 Des dunes de Tidri à l'Erg Essahel

MarocDesert -635La nuit a été fraîche, le vent a fait son apparition à l'aube mais le ciel est encore d'un très beau bleu, assez peu chargé en grains de sable ce matin. Malheureusement, cela ne va pas durer.

Guillaume chèchement enrubanné dans son turban, brandit le bâton de rafiki. Yalla ! Nous progressons entre désert de sable et désert de pierre... nous foulons un vaste nuancier qui change au gré des heures. Nous prenons un peu de hauteur pour dominer l'étendue désertique. Une petite photo du groupe et nous voilà repartis pour rejoindre un bras du Draa.

Un peu plus loin, une bloc de pierre situé au sol arbore la seule gravure rupestre que nous admirerons durant ce périple. Une gravure datant du néolithique qui semble représenter un éléphant et une gazelle... Difficile de s'en convaincre. Il pourrait tout aussi bien s'agir d'une fourmi géante ?

Le vent a forci très nettement et c'est au prix de gros efforts que nous traversons un vasre reg en direction des dunes de l'erg Essahel... On ne voit plus grand chose à l'horizon si ce n'est un cairn qui sert de repère à Ismaël. Je range l'apparail photo et sort la caméra gopro.

Strong as the wind, Move as the sand.... le sol semble mouvant. Des particules de sable transportées par les rafales de vent forment des petits nuages de poussières qui se faufilent entre nos pas. Des esprits semblent flotter en rase-motte.

Nous gagnons une très belle dune de sable.. Je filme à tout va.

En bas de la dune, la tente messe a été érigée par notre équipe de portage. Nous nous mettons à l'abri du vent pour le déjeuner. Mais sous l'effet des fortes rafales, la tente tangue dangeureusement. Nous préférons abandonner le lieu pour nous réfugier sur la dune sous un tamaris à l'abri du vent.

Nos affaires ne s'arrangent pas. On ne voit plus grand chose, le vent est encore plus violent. Ismaël décide d'écourter la randonnée du jour. Nous filerons tout droit jusqu'à l'endroit retenu pour le bivouac. Les quelques dunes que nous traveresons se transforment en de grrands bancs de sable qui semblent se mouvoir tels de grosses vagues dans l'immensité du désert. Les grains de sables soulevés par le vent nous cinglent les bras.. Aie, vite , revêtir des manches longues. Malgré le chèhe et les lunettes, le sable s'engouffre dans nos yeux... je pleure, je me frotte instinctivement les yeux et je pleure de plus belle.

Nous gagnons assez vite le camp mais la journée est loin d'être terminée. Il faut monter le bivouac.. C'est le branle-bas de combat pour monter la tente messe. Il nous faudra beaucoup de temps, et la participation de chacun pour arriver à nos fins sous les bourrasques de vent. Quelques matelas s'envolent. Marine s'élance comme une gazelle dans un 400m à record pour rattraper le matériel. Et les chameaux, ces compagnons de route placides et silencieux, restent impassibles, se moquant bien que le ciel nous tombe sur la tête.

Une fois la tente messe montée, il nous faudra encore au moins une bonne heure pour la consolider avec des sacs de sable, des pierres, des bidons d'eau... bref tout ce qu'on a sous la main.

Avant la tombée de la nuit, sous l'impulsion de Philippe, toute notre équipe s'active pour monter les tentes à l'abri des dunes. C'est dans les tentes complètement ensablées que nous passerons la nuit.

Etape 4 Erg Essahel - Ouled Driss

MarocDesert -678Le vent a soufflé toute la nuit. recroquevillé dans la tente, j'ai eu du mal à trouver une position confortable. Je n'ai pas beaucoup dormi. Je me lève à l'aube pour profiter du lever de soleil sur les dunes. Je m'éloigne du campement pour étancher ma soif de calme et de silence après cette nuit mouvementée par les bourrasques du vent.

J'aime l'esthétisme épurée de ce désert de dunes. Je réalise quelques prises de vues. Le soleil fait son appatition. Je vis un pur ravissment. Alors, je tourne mon visage vers le soleil pour m'ennivrer de ses rayons. Je m'arrange pour que l'ombre reste derrière moi. 

Le vent qui s'était apaisé en fin de nuit, redouble à nouveau. L'étape du jour est annulée. Nous devions rejoindre les dunes de Lanithie pour le bivouac, Ismaël préfère nous conduire directement à Ouled Driss, une palemeraie réputée où nous pourrons rejoindre un campement saharien aménagé. Nous pourrons prendre une bonne douche et dormir cette nuit dans des khaimas, bien à l'abri du vent.

La vaste étendue de pierre, l'astre solaire voilé par le ciel et saturé de poussières, nous transportent dans une atmosphère quasiment lunaire entre science fiction et impression de bout du monde.

Il nous faudra près de 5h de marche avec le vent en pleine face pour rejoindre Ouled Driss et profiter d'une bonne douche.

Etape 5 : rando chamelière

MarocDesert -817Le vent souffle encore mais ce n'est plus comparable aux deux derniers jours. Nous passons notre matinée dans les dunes à dos de chameaux. Nous prenons le temps de prendre le temps comme pour faire mentir ce proverbe Africain."Tous les blancs ont une montre, mais ils n'ont jamais le temps".

Rando chamelière :  Maroc---rando-chameliere Maroc---rando-chameliere

Le vent se calme, le ciel bleu fait à nouveau son apparition, mais il est déjà l'heure de rerpartir... rejoindre Ouarzazate et regagner l'agitation parisienne... Il n'en reste pas moins vrai que ce trek au coeur du désert de zagora fut une belle échappée, un bon moment où nous avons fait de belles rencontres.

 

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commentaires

best web startup 15/10/2014 14:28

I heard that at some desserts there, we can see waters at some places and i think i cannot add this as much easier as before. Could i return the blog as before and is there any method to try this.

boise personal injury attorneys 09/10/2014 10:33

En annonçant la création de cet essai ou une dissertation ou un mémoire dans votre essai qualifié ou de mémoire ou de thèse internet écrivains, vous pouvez éventuellement continuer à être assuré qu'ils vont à pas tout simplement créer une sorte de dissertation de haute qualité ou de la thèse ou d'un mémoire sur la base de l'ensemble de vos exigences mais en plus livrer sortes doc en raison de la date d'échéance

Robert 16/04/2013 16:39

Philo,...en octobre dernier, nous avons copié/collé ton escapade à Madère...
Bilan, ...nous retournons dans cette "Ile aux Fleurs" en septembre prochain...pour affiner.
J'ai par ailleurs gardé sous le coude tes coordonnées troyennes...je te souhaite une "Belle Echappée" marocaine.

R

Robert 14/04/2013 20:30

...il se dit que ces sentes traversent la belle Ville de Troyes :O)...
Pour nous, dans le futur proche...les Canaries...
A bientôt
R

Philo 16/04/2013 11:56



Si les sentiers vous mènent un jour vers Troyes, faites-moi un signe... L'occasion de se rencontrer...


Belle destination que les îles canaries... L'un de mes projets de voyage dans l'avenir... En attendant, je repars une petite semaine au Maroc dans huit jours pour fouler le djebel sarhro...


Bonnes routes à vous et à bientôt



Robert 13/04/2013 21:08

...je ne parle pas du désert,...je me tais,...comme lui...

...et tes magnifiques clichés illustrent ce silence.

Cordiamicalement...

Robert...qui ne manque jamais de s'évader sur ton site.

Philo 14/04/2013 20:09



Merci bcp Robert pour tes messages que je découvre toujours avec grand plaisir...


Peut-être, nous croiserons-nous un jour sur l'un de ces beaux sentiers.